Le bouturage est une méthode efficace et économique pour multiplier les végétaux, permettant d'obtenir une réplique exacte de la plante d'origine. Cette technique peut impliquer des rameaux, des morceaux de feuilles ou des sections de racines.
Pour maximiser les chances de succès d'une bouture, l'utilisation d'hormones de bouturage est souvent recommandée. Mais qu'en est-il réellement ? Examinons ce sujet ensemble.
Définition des hormones de bouturage
Les hormones de bouturage désignent des substances, qu'elles soient naturelles ou synthétiques, qui aident à accélérer la cicatrisation des fragments de plante et à stimuler la croissance des racines. Cela contribue à améliorer les chances que la bouture prenne racine.
Ces hormones peuvent également être employées lors du repiquage pour encourager la production de racines ou pour sceller les blessures, réduisant ainsi les risques de maladies.
Les plantes possèdent déjà naturellement des hormones de croissance, comme l'auxine, qui favorise leur développement. Cependant, sa concentration peut être insuffisante pour le bouturage. Ainsi, une intervention supplémentaire peut s'avérer nécessaire.
Les hormones de bouturage se présentent sous plusieurs formes : poudre, liquide (à diluer) ou gel, et peuvent être soit synthétiques, soit naturelles.
Les hormones synthétiques
Il existe différentes sortes d'hormones synthétiques, qui peuvent être :
- polyvalentes, convenant à tous types de boutures ;
- spécifiques, conçues pour des méthodes de bouturage particulières, comme les boutures de tiges herbacées.
Cependant, depuis 2019 pour les particuliers et 2017 pour les collectivités, la vente de ces produits chimiques est interdite par la loi Labbé, ce qui limite leur accesibilité.
Les hormones utilisables au jardin
Pour remplacer ces produits synthétiques, de nouvelles hormones de bouturage à base de substances naturelles ont été mises au point, telles que :
- les acides humiques et fulviques, extraits de la décomposition des végétaux ;
- l'acide indole-3-butyrique, une hormone de la famille de l’auxine ;
- la molécule OSYR, un biostimulant d'origine végétale ;
- les mycorhizes, champignons microscopiques favorisant la croissance des racines.
Ces produits peuvent également contenir divers minéraux, oligo-éléments et extraits naturels, contribuant ainsi à renforcer la solidité et la croissance des plantes. En vérifiant l'emballage, vous trouverez souvent qu'ils sont adaptés à l'agriculture biologique.
Disponibles en jardineries, en ligne ou dans certaines grandes surfaces, ils permettent de favoriser une approche plus respectueuse de l’environnement.
Fabriquer soi-même des hormones de bouturage naturelles
Il est aussi possible de créer ses propres hormones de bouturage pour maîtriser leur composition et réaliser des économies.
L'eau de saule
Un des moyens traditionnels d'encourager le développement des plantes est l'eau de saule, qui contient naturellement de l'acide salicylique. Ce dernier aide à la cicatrisation des boutures et limite les pertes d'eau.
Pour préparer cette eau, suivez ces étapes :
- coupez une branche de saule d'environ la taille d'un crayon ;
- enlevez les feuilles et découpez le rameau en morceaux de 5 cm ;
- placez-les dans un récipient d'eau froide (préférablement de pluie) ;
- laissez macérer pendant 4 à 6 semaines sans changer l'eau ;
- filtrez le mélange pour récupérer le gel obtenu.
Cette préparation doit être utilisée rapidement, dans les 48 à 72 heures, pour conserver ses propriétés.
Les céréales germées
Les grains comme le blé ou l'avoine produisent de l’auxine durant leur germination, ce qui les rend efficaces comme hormones de bouturage. Pour ce faire, insérez délicatement une graine dans la bouture et maintenez-la humide.
Utilisation des hormones de bouturage
Pour une efficacité optimale, il est essentiel d'utiliser les hormones de bouturage conformément aux recommandations. Un excès d'hormones peut nuire au développement de la plante, entraînant :
- des brûlures ;
- des malformations ;
- une mort prématurée de la bouture.
Après avoir préparé votre bouture, trempez l'extrémité coupée dans l'hormone choisie et plantez-la dans un trou suffisamment large pour ne pas retirer l'hormone lors de la mise en terre.
Les hormones de bouturage sont-elles indispensables ?
Il est totalement possible de réussir vos boutures sans recourir aux hormones. Cette étape demeure facultative dans la majorité des cas. Toutefois, leur utilisation peut se révéler bénéfique :
- pour les plantes difficiles à bouturer, où le marcottage pourrait être envisagé ;
- si un résultat rapide est souhaité ;
- pour les novices souhaitant garantir la réussite de leurs boutures.
Pour améliorer les chances de réussite sans hormones, il est recommandé :
- d'effectuer le bouturage à des moments propices, de préférence au printemps ou en fin d'été ;
- d'utiliser des outils bien aiguisés et désinfectés ;
- de choisir des matériaux sains ;
- d'ajuster la taille de la bouture pour limiter l'évaporation ;
- de maintenir le substrat humide ;
- d'essayer la méthode à l’étouffée pour créer un environnement favorable.







