Malgré les avancées en matière de vaccination, la méningite continue de faire des ravages, touchant principalement les enfants et les populations des pays les plus vulnérables. C'est le constat accablant d'une étude publiée par The Lancet Neurology le 28 mars 2023.
Environ 2,54 millions de cas de méningite ont été enregistrés cette année, entraînant la mort de 259 000 individus, dont une portion alarmante serait des enfants de moins de cinq ans, particulièrement en Afrique. Les chercheurs insistent sur le fait que ces estimations, bien que considérées comme les plus précises à ce jour, comportent une certaine incertitude, avec des chiffres potentiels variant entre 202 000 et 335 000 décès.
L’Angleterre touchée par une épidémie
Dans un développement préoccupant, une épidémie de méningite à méningocoque B a récemment émergé en Angleterre. Celle-ci a causé deux décès et 22 cas d'infections, poussant les autorités à administrer près de 11 000 vaccins et 14 000 doses d'antibiotiques.
Depuis le début du siècle, les efforts mondiaux de vaccination avaient réussi à diminuer le nombre d'infections et de décès liés à la méningite. Toutefois, ces progrès demeurent insuffisants comparés à d'autres maladies, comme le soulignent les auteurs de l'étude.
Les pays de la « ceinture africaine de la méningite », s'étendant du Sénégal à l'Éthiopie, continuent d'enregistrer des taux d'infection et de mortalité alarmants, le Nigeria, le Tchad et le Niger étant particulièrement touchés. L'étude évoque également des facteurs de risque tels que le faible poids de naissance, la naissance prématurée et la pollution de l'air comme des déterminants clés des décès liés à la méningite.
Les objectifs fixés par l'Organisation mondiale de la santé, visant à réduire de 50 % les cas et de 70 % les décès d'ici 2030, semblent encore hors de portée, car la diminution actuelle des cas de méningite est deux fois plus lente que nécessaire. Les données reposent sur le programme Global Burden of Disease, soutenu par la Fondation Gates, qui pointe également l'absence de signalement de nombreux décès dans les régions les plus défavorisées.







