L'Organisation bretonne de sélection a inauguré vendredi son nouveau complexe à Plougoulm, destiné à répondre aux enjeux du changement climatique pour les producteurs de légumes locaux. Ce laboratoire de 600 m², accompagné de serres dernier cri, se veut un véritable centre stratégique pour l'agriculture bretonne.
Avec l'objectif d'accélérer le développement de variétés de légumes comme le chou-fleur, l'artichaut, l'échalote et l'oignon, l'OBS vise à concevoir des cultures plus résilientes face aux défis climatiques, mais également aux exigences des près de 2 000 producteurs adhérents à la marque Prince de Bretagne.
Margot, une spécialiste des pathologies végétales, décrit son travail en testant la résistance de différentes variétés aux maladies. "Chaque génotype présente une résistance variable, et c'est essentiel pour les sélectionneurs", explique-t-elle. Cela fait écho aux préoccupations de David Hénault, responsable développement de l'OBS, qui souligne que les légumes cultivés il y a 50 ans ne sont plus adaptés aux nombreuses nouvelles contraintes telles que les variations de température et les infestations d'insectes. "Nous avons donc besoin d'un laboratoire complètement opérationnel pour identifier les variétés de demain", précise-t-il.
Le coût total du nouveau complexe s'élève à trois millions d'euros, s'inscrivant dans le cadre du plan France 2030, un investissement de 30 milliards d'euros destiné à favoriser l'innovation en France.
Ce projet s'articule non seulement autour des critères agronomiques, mais aussi des goûts des consommateurs. Pour cela, l'OBS collabore avec l'université de Bretagne occidentale pour développer le caractère "châtaigne" du potimarron, un goût de plus en plus prisé des consommateurs, comme le rappelle Céline Jacq, directrice de l'OBS.
La génétique est au cœur de ces innovations, avec des milliers de croisements annuels. Concernant le chou-fleur, les travaux portent sur la blancheur de la pomme, essentielle pour le marché. David Hénault précise que l’identification de gènes de blancheur est une priorité, mais rassure : cette méthode se distingue des OGM.
Les ingénieurs prennent également en compte d'autres critères, comme la variabilité des récoltes. Par exemple, une nouvelle variété nommée Jobic est particulièrement appréciée pour sa résistance au vent, un atout face aux tempêtes de plus en plus fréquentes. Il est crucial de se projeter, car les variétés conçues aujourd'hui ne seront disponibles sur le marché qu'après une décennie de travail.
Ainsi, l'OBS contribue à dessiner les contours de l'agriculture bretonne de demain, intégrant les défis environnementaux et les attentes des consommateurs afin de façonner un futur plus durable.







