Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a récemment confirmé l'augmentation de l'amende forfaitaire délictuelle pour l'usage de stupéfiants, désormais fixée à 500 euros. Ce changement, annoncé initialement par Emmanuel Macron en décembre dernier, vise à freiner la consommation de drogues, principalement chez les amateurs de cannabis. Les commentaires des consommateurs recueillis dans les rues de Rennes soulèvent des critiques quant à cette mesure.
Sam, un fumeur quotidien, exprime son désaccord : « Cette amende ne va pas me faire arrêter. » Pour lui, les petites amendes ne fonctionnent pas, car moins d'un tiers d'entre elles seraient réellement réglées. « Ils se concentrent sur les petits consommateurs, alors qu'ils devraient plutôt offrir des solutions visant à aider ces personnes à se désintoxiquer, » ajoutant qu'une saisie du produit et une formation à la prévention seraient plus appropriées.
Des amendes qui ne dissuadent pas
Rachid, lui aussi fumeur, partage ce constat. « Peu importe que l'amende soit à 1 500 ou 10 000 euros ; les gens continueront de consommer par besoin. » En effet, des études soulignent que cette initiative pourrait nuire davantage aux personnes en difficulté qui cherchent un moyen d'échapper à la pression quotidienne. Il est plus judicieux d'accompagner les individus, plutôt que de leur infliger une amende qui les enfonce encore plus dans les difficultés financières.
Un groupe d'amis discute à proximité et exprime des sentiments similaires. L’un d’eux déclare que cette amende est simplement une méthode pour générer des revenus, en méprisant les véritables enjeux liés à la consommation de drogues. Émeline, une autre consommatrice, note que ces amendes créent une anxiété accrue autour de la consommation. « C'est difficile de rester discret lorsqu’on consomme, surtout avec les récentes sanctions. »
Le marché de la drogue en plein essor
En parlant d'alternatives, il est important de noter que le marché de la cocaïne a explosé, surpassant même celui du cannabis. Selon l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), « la consommation de cocaïne a plus que doublé en dix ans », entraînant une hausse du chiffre d'affaires qui atteint près de 7 milliards d'euros en France. La Fédération Addiction a critiqué ces nouvelles amendes, les qualifiant de "fuite en avant répressive" qui a prouvé son inefficacité au fil des années.
Le gouvernement envisage de renforcer ce cadre législatif par des mesures complémentaires, telles que la suspension ou l'annulation du permis de conduire pour les consommateurs, même en l'absence de conduite automobile au moment de l'infraction. Cette stratégie, jugée "extrêmement dissuasive" par le ministre, n'envisage pas pour l'instant de remédier aux véritables causes de l'addiction et de la consommation. En toute fin de compte, il semble que la prévention et l'accompagnement demeurent les clés d'une véritable politique de santé publique.







