L'ombre mystérieuse de l'évasion d'Ilyas Kherbouch, surnommé "Ganito", se dissipe peu à peu. Une cinquième personne a été mise en examen et incarcérée ce mercredi, suspectée d'avoir facilité son évasion vers les Pays-Bas.
Le 7 mars, "Ganito" avait quitté sans encombre la maison d'arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), grâce à trois complices, dont deux se faisant passer pour des policiers. Ces derniers avaient élaboré un faux ordre de garde à vue avec des documents falsifiés pour extraire le détenu.
La nouvelle suspecte, une femme de 24 ans, a été arrêtée alors qu'elle s'était présentée au commissariat de Metz le 23 mars, se déclarant en lien avec les événements. Selon la procureure de Paris, Laure Beccuau, cette femme est suspectée d'avoir prétendu être policière, avec une photo retrouvée sur une fausse carte de police.
Dans les jours qui ont suivi son évasion, Ilyas Kherbouch aurait séjourné à Delft, aux Pays-Bas, avec sa compagne, une ancienne surveillante pénitentiaire, avant d'être interpellé dans le sud de la France. Ce dernier aurait par ailleurs fréquenté plusieurs magasins durant son escapade, comme l'a rapporté la procureure Beccuau.
Les juges d'instruction, après avoir identifié la complice, ont émis un mandat d'arrêt à son encontre. Le couple a été localisé à Canet-en-Roussillon, où il a séjourné dans une résidence de vacances.
La procureure a noté que le retour du couple en France soulève des questions : "Le parcours apparaît quelque peu étonnant," suggérant que d'autres enquêtes permettent de mieux comprendre leurs intentions. Les interpellations datent du 20 mars, dans cette affaire, gérée par la Juridiction interrégionale spécialisée de Paris.
Deux autres complices avaient été mis en examen le 11 mars, soupçonnés d'avoir aidé à l'évasion. Un d'eux est accusé d'avoir usurpé le rôle d'un policier, allant jusqu'à effectuer des palpations et des notifications de garde à vue.
Ilyas Kherbouch et sa compagne ont également été mis en examen pour évasion en bande organisée et corruption. Lors de son interrogatoire, cette dernière a révélé avoir été surveillante pénitentiaire, ayant rencontré Kherbouch alors qu'il purgait sa peine pour des home-jackings violents.
D'après son avocat, sa mise en examen serait une "véritable injustice", arguant qu'elle aurait été contrainte durant les jours de cavale. À son tour, Kherbouch a exprimé, par l'intermédiaire de son avocate, que sa compagne "n'avait rien à voir" avec l'évasion. Ce dernier a même décrit cette période comme "les dix plus beaux jours de sa vie".
L'enquête se poursuit, selon la procureure Beccuau, afin de déterminé le rôle de chacun dans cette évasion orchestrée et d'identifier d'autres éventuels complices ayant aidé Kherbouch dans sa fuite.







