Sébastien Lecornu a annoncé mercredi de nouvelles commandes de munitions, dans le cadre de l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM). L'examen de cette loi va être "accéléré" pour tenir compte des tensions croissantes dans la région.
Le gouvernement prévoit de dévoiler un projet d'actualisation de la LPM au printemps, ajoutant 36 milliards d'euros aux 413 milliards déjà prévus pour 2024-2030. Cette décision fait suite aux frappes israélo-américaines sur l'Iran, déclenchées le 28 février, qui ont suscité une réponse militaire de l'Iran ciblant des pays du Golfe alliés de la France.
La LPM actualisée sera présentée en Conseil des ministres le 8 avril et examinée à l'Assemblée nationale la semaine du 4 mai. Le Premier ministre a souligné la nécessité urgente d'accélérer la production de munitions. Selon le quotidien La Tribune, les Rafale français mobilisés dans la région consomment des quantités importantes de munitions, telles que les missiles air-air Mica, pour contrer les drones menaçants.
"L'urgence réside ici dans les munitions. Nous prévoyons d'injecter 8,5 milliards d’euros supplémentaires en commandes entre 2026 et 2030, en plus des 16 milliards de la LPM de 2023", a déclaré M. Lecornu. Ce montant représente un effort financier quatre fois plus important que celui prévu par les précédentes lois de programmation militaire.
Pour renforcer cette capacité, un projet de création de la plateforme “France Munitions” a été introduit. Destinée à servir de "grossiste de munitions", cette initiative sera cofinancée par l’État et des investisseurs privés. Par ailleurs, un plan de soutien de 300 millions d'euros sera déployé pour l'industrie "duale".
Un point de réunion est prévu jeudi à Matignon pour faire le bilan de l"économie de guerre" et de la capacité des industriels à répondre à ces nouvelles commandes. La LPM actualisée introduit aussi un "nouveau régime d'état d’alerte de sécurité nationale", permettant des dérogations au code de la défense en cas de menaces graves.
Cette actualisation reçoit un soutien relativement large au sein du Parlement. Les députés ont tout récemment rendu hommage au major Arnaud Frion, décédé en Irak, tout en appelant à une aide accrue pour le Liban. Cependant, des voix s'élèvent. Marine Le Pen, députée du Rassemblement national, a dénoncé l'incurie du gouvernement en matière énergétique, demandant un allègement des taxes sur les carburants en pleine flambée des prix.
L'ancien ministre Jean-Louis Thiériot a affirmé que la France a su répondre aux défis posés par ce conflit. En revanche, Bastien Lachaud, représentant de la France insoumise, a critiqué l'absence d'une stratégie claire de la diplomatie française et les récentes mesures jugées insuffisantes sur les carburants.
Concernant la situation du détroit d'Ormuz, M. Lecornu a indiqué que certaines déclarations de l'Iran pourraient présager un changement de phase dans la crise. En attendant, il est crucial que cette crise de circulation ne se transforme pas en crise de production.
Tout en respectant la discipline budgétaire, le gouvernement ne prévoit pas, à ce jour, de baisser les taxes sur les carburants mais envisage des solutions pour soutenir les secteurs affectés, en particulier ceux des "grands rouleurs".







