Les découvertes archéologiques peuvent souvent découler d'événements inattendus. En octobre dernier, un passant a remarqué un trou dangereux sur la route de Ty Broc'h à Plovan, soulevant des préoccupations pour la sécurité des cyclistes.
Les agents de la communauté de communes sont intervenus et ont découvert une cavité sous la route. Ils ont alors contacté les archéologues du département du Finistère, qui ont débuté les fouilles le 16 mars dernier. L'ampleur de la cavité s'est révélée bien plus significative que ce qui était initialement prévu. "Il y avait juste un tout petit trou caché par une plaque en métal. On a découvert que c’était très profond,” rapporte Muriel Fily, archéologue spécialisée dans la Protohistoire, qui s'occupe de l'âge du bronze et de l'âge du fer.
Environ 400 sites similaires en Bretagne
Pour réaliser ces fouilles, l'équipe archéologique a dû manœuvrer habilement autour des infrastructures modernes telles que les réseaux d'eau et d'électricité, et à un moment donné, briser une partie de la voûte ancienne pour accéder au cœur du site. Bien que les premières étapes aient nécessité l'utilisation de machines, les archéologues poursuivent leur travail avec des outils manuels comme la pelle et la pioche.
Manon Quillivic, archéologue et topographe, utilise des outils de grande précision pour documenter la mémoire des lieux. Cela permettra de conserver une trace exacte de la structure avant que la route ne soit rénovée et rouverte à la circulation.
Un objectif clé des fouilles reste de dater précisément ce souterrain. Bien que la Bretagne compte environ 400 sites de ce type datant de l'âge du fer, la complexité de celui de Plovan suscite l'intérêt. "Une salle semble s’être effondrée et a été comblée avec des objets du Moyen Âge,” précise Fily.
Des analyses de charbon de bois et des tessons de céramique détermineront si l'origine remonte réellement à l'époque des Gaulois. Pour Michel Helguen, adjoint à la mairie de Plovan, cette découverte représente une avancée majeure. "C’est exceptionnel. C’est une pierre de plus à l’histoire de Plovan.”
Cette opération met également en lumière l'importance de signaler de telles découvertes, une nécessité souvent oubliée par les propriétaires de terrains. "On veut juste être au courant que le site existe,” rappelle Fily. Qu'il s'agisse d'un point sur une carte ou d'une fouille plus approfondie, ces découvertes aident à mieux comprendre l'occupation du territoire à travers les âges, révélant potentiellement des vestiges d'une ancienne ferme gauloise.
Cependant, les archéologues du Finistère font face à un défi croissant : l'augmentation des pillages sur les sites archéologiques, une situation alarmante pour ces chercheurs. "C'est catastrophique. Trop de gens méconnaissent la réglementation et les dégâts que cela cause. Cela devient courant, même sur les plages,” déplore l'archéologue, soulignant que les chantiers, comme celui de Plovan, sont interdits au public.







