Hélicoptères survolant le palais de justice et policiers en tenue de combat dans la salle d’audience, l’ouverture du procès des six accusés de la DZ Mafia s’est tenue lundi à Aix-en-Provence sous très haute sécurité. Parmi eux, trois hauts responsables de l’organisation criminelle, liés à un double meurtre survenu en 2019.
À peine les débats commencés, des incidents ont perturbé l’audience. Un des accusés a interpellé un journaliste depuis son box, s’insurgeant d’un article le concernant. Le reporter, visiblement intimidé, a quitté la salle sans tarder. Ce même accusé a ensuite accusé à tort un membre de la presse d’avoir pris une photo de lui, entraînant une interruption de l'audience par la présidente de la cour.
En réaction à la dangerosité des prévenus, le procureur général de la cour d’appel d’Aix, Franck Rastoul, a souligné le déploiement de mesures de sécurité « sans précédent ». Les rues autour du palais Monclar étaient bloquées par les forces de l’ordre pour assurer le transport des détenus, sur fond de menaces récentes d’« action violente » liée à certaines des personnes jugées.
Dans la salle d’audience, un dispositif impressionnant était en place avec une dizaine de policiers cagoulés surveillant les accusés, qui semblaient pour leur part détendus, échangeant des propos entre eux. Amine Oualane, surnommé « Mamine », a pris la parole pour se plaindre de ses conditions de détention. Son co-accusé, Gabriel Ory, a, quant à lui, demandé le renvoi du procès, arguant d’un manque de temps pour préparer sa défense en raison des conditions d'incarcération strictes.
Ce procès, qui se tient sans jury populaire, arrive à un moment charnière, alors que les événements jugés remontent au 30 août 2019. À l’époque, la DZ Mafia n’était pas encore formée. Au cours d'un attentionné et sinistre récit, des corps de deux hommes exécutés par balles avaient été découverts dans un hôtel Formule 1 près de Marseille. L'enquête, menée par la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille, a révélé l'existence d'une organisation criminelle dont les racines plongent dans cet assassinat.
Karim Harrat, actuellement âgé de 37 ans et considéré comme un protagoniste central des conflits territoriaux liés au trafic de drogue, est jugé pour ces meurtres. Selon les autorités, il aurait orchestré ces crimes depuis Dubaï, bien qu'il n'ait jamais reconnu ces accusations. Il se présente comme « auto-entrepreneur » aux Émirats, sans pouvoir fournir d'adresse précise.
Les deux individus accusés d'avoir procédé aux meurtres, Zaineddine Ahamada et Adrien Faure, nient toute implication. Ce dernier est aujourd'hui décrit comme un des principaux figures de la DZ Mafia. Le rapport de l'enquête évoque également Gabriel Ory, qui aurait joué le rôle de complicité en fournissant les codes d'accès à l'hôtel, mettant en lumière des liens complexes entre les accusés et leurs victimes.
À travers les témoignages de proches des victimes et les déclarations d'un repenti, surnommé « Tatoo », l'accusation espère établir des preuves solides contre les prévenus. Ce procès, qui devrait s’étendre sur trois semaines, attend un verdict pour le 10 avril prochain.







