À partir de ce lundi 23 mars, Nestlé Waters, la branche du conglomérat suisse consacrée aux eaux minérales, est en procès à Nancy pour avoir conservé des décharges sauvages aux abords de Vittel et Contrexéville, célèbres pour leurs eaux réputées.
Ce qu’il faut retenir :
- Le procès se déroule entre le 23 et le 27 mars à Nancy. Nestlé est accusée de maintenir des décharges illégales à Contrexéville et d'autres communes, polluant ainsi les sols et les eaux.
- Des enquêtes révèlent des niveaux de microplastiques jusqu’à 30 millions de fois plus élevés que ceux décelés dans la Seine. Ces résidus, accumulés depuis les années 1960, compromettent la biodiversité aquatique locale.
- Bien que sept sites aient été assainis, des montagnes de déchets de 25 mètres demeurent. Les plaignants évoquent une "bombe à retardement" pour l’environnement, alors que Nestlé se défend en arguant de l'absence de pollution dans ses propres forages.
Le procès de Nestlé Waters se déroule sous le regard inquiet de plusieurs organisations écologiques. En effet, cette société est accusée, devant le tribunal correctionnel de Nancy, d'avoir *"laissé s’écouler dans les eaux superficielles et souterraines"* des particules de microplastiques tant en surface qu’en profondeur, rendant l’écosystème aquatique totalement inexploitable et nuisant à la santé ainsi qu’à la flore.
Des substances polluantes ont été retrouvées dans les communes de Contrexéville, They-sous-Montfort, Saint-Ouen-lès-Parey et Crainvilliers, représentant un volume qualifié par France Nature Environnement (FNE) d'équivalent à 126 piscines olympiques. Ce volume alerte sur la gravité de la situation.
Des décharges qui font du mal
Les investigations menées par le pôle régional "environnement" du parquet de Nancy ont déniché divers déchets, allant des *"bouteilles d’eau, verre, polymères"* à des *"déchets de démolition"* et même des *"carcasses de véhicules"*. Les décharges remontent aux années 1960, période durant laquelle l'ancienne Société générale des eaux minérales a opté pour des bouteilles en plastique, engendrant un système de gestion des déchets désastreux.
Bien que Nestlé, qui a acquis l’entreprise en 1992, affirme s'être toujours engagée à traiter les décharges de façon responsable, des sites sont encore remplis de déchets non dignes d'une environnement sain, témoignant des conséquences de négligences passées.
Aujourd'hui, la nature a partiellement repris ses droits, mais des débris cachés sous la végétation subsistent. Par exemple, des analyses corroborées par des experts ont mis au jour des traces de métaux, d'hydrocarbures et même d’amiante, dérivant de ces décharges.
"Taux exorbitants" de microplastiques
La *"pollution des eaux"* à They-sous-Montfort est confirmée, et l'absence d'oxygène rend toute vie aquatique impossible, ayant des répercussions néfastes sur la santé, la flore et la faune locales. À Contrexéville, les sites accumulent des déchets allant de 10 à 15 mètres, représentant *"des immeubles de 3 à 5 étages sous terre"*. Les analyses révélées sont alarmantes, avec des niveaux de microplastiques infiniment plus élevés qu'expectés.
Selon l'Office français de la biodiversité (OFB), ces niveaux de microplastiques dépassent les normes de la Seine d'un facteur ahurissant de 30 millions.
"L’État ne semble pas avoir pris la mesure…"
Les experts sont unanimes : les éléments découverts sont directement liés à la décharge de plastiques, et aucun autre facteur, dans un rayon proche, n'expliquerait cette contamination. FNE constate que *"l’État ne semble pas avoir pris la mesure de la dangerosité de ces décharges"*.
De son côté, Nestlé Waters souligne qu'elle a recouru à des laboratoires spécialisés, dont les conclusions attesteraient d'une *"absence de pollution microplastique dans l’eau des forages"*. Le procès devrait se prolonger jusqu'à vendredi, un rendez-vous judiciaire qui pourrait façonner l’avenir environnemental des régions affectées.







