Le dimanche 29 mars, Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI, a triomphé lors des élections municipales, s'imposant avec une majorité franche face à Rachida Dati. Cette dernière, déjà battue en 2020 par Anne Hidalgo, subit une nouvelle désillusion, affichant une défaite de plus de dix points.
Les estimations révèlent que Grégoire a rassemblé entre 50% et 53,1% des voix, laissant Dati avec un score se situant entre 37% et 40%. L'Insoumise Sophia Chikirou a terminé en troisième position avec un score oscillant entre 8,9% et 12% des voix.
"Paris a décidé de rester fidèle à son histoire", a déclaré Grégoire depuis La Rotonde, célébré par ses partisans. Il interprète sa victoire comme un symbole de "promesse exigente", soulignant que son mandat sera dédié à un Paris vivant et inclusif.
Intégrant l'opposition, il a reconnu le succès de Dati à la tête du VIIe arrondissement, réélue dès le premier tour. "Ce ne sera pas la victoire d'un Paris contre un autre", a affirmé Grégoire, contrariant les prévisions qui le plaçaient en danger.

Peu après l'officialisation des résultats, Anne Hidalgo a félicité son ancien adjoint pour cette "belle victoire". Au même moment, Dati a concédé sa défaite en soulignant l'absence de conviction dans son message de changement.
La maire du VIIe arrondissement a également exprimé son mécontentement quant à la campagne, dénonçant les "attaques en-dessous de la ceinture" qui l'ont touchée.
Des militants présents au QG de Dati ont témoigné de leur frustration. "Je suis extrêmement déçue, j'y croyais fort, Paris méritait l'alternance", a exprimé Eva Sultan, une militante de 57 ans. D'un autre côté, le camp de Grégoire célébrait un rejet fort de la droite, comme l'a souligné Chikirou.
Les tensions entre les différentes factions étaient palpables durant la campagne, avec des alliances instables et des désistements. Chikirou, malgré la pression de son parti, a maintenu sa candidature, déchavant une opportunité d'alliance entre la gauche et d'autres villes telles que Lyon et Toulouse.
La reconfiguration des forces à droite a également joué un rôle, avec Bournazel fusionnant sa liste avec celle de Dati, malgré sa décision de se retirer personnellement. La scène politique était d'autant plus complexe avec l'intervention des leaders de l'extrême droite, appelant à la mobilisation contre Grégoire.
Sur un plan plus institutionnel, Grégoire bénéficie désormais d'une "prime majoritaire" qui lui octroie un quart des sièges au Conseil de Paris. Ce changement, intégré dans la récente réforme de la loi PLM, modifie substantiellement la donne politique au sein de l'assemblée municipale.
L'élection formelle du maire aura lieu en fin de mois, mais l'impact de cette élection pourrait redéfinir les contours politiques de la capitale pour les années à venir.







