Il était difficile de saisir l'ampleur de la maîtrise de Julio Aparicio ce soir-là. Avec son second adversaire de Don Alicio Tabernero de Paz, qui s’est avéré à la fois nerveux et brave, ainsi qu'un cinquième toro très noble et bien armé, le diestro madrilène fut capable d'emporter le public dans une frénésie quasi-hystérique. La plaza, comble, vibra au rythme de ses faenas, transportant l'assemblée dans un état d'extase qui ne se dissipa qu'après le combat du toro suivant.
Il n’y a pas de mots
Les mots manquent pour décrire la magnificence de ses deux faenas. Chaque passe, chaque suerte, exécutée avec une élégance rare, laissait le public haletant, comme envoûté. Élaborées à quelques millimètres des cornes, chaque mouvement se dessinait avec une précision fascinante.
Aparicio réussit à dominer ses adversaires comme il le souhaitait, leur commandant de charger, de tourner, et de s'arrêter au gré de son imagination. Tout était d'une perfection magistrale, sans la moindre exagération, un véritable exploit d'audace et de bravoure. Bien qu'un simple pinchazo affectât sa première estocade, cela ne ternit en rien le triomphe retentissant qu’il connut lors de son tour de piste, où les applaudissements fusaient.

Les deux chefs-d'œuvre prodigués par Aparicio déplaçaient l'extraordinaire. Malgré un petit accroc qui lui fit perdre une oreille, le matador fut acclamé avec ferveur. En dépit d'une estocade moins parfaite sur le cinquième toro, il reçut un traitement égal, collectant à nouveau les deux oreilles et consolidant ainsi son statut de superstar.

Ce soir-là, son bon toreo de cape sur le deuxième toro, ainsi que plusieurs magnifiques quites, furent également soulignés. Un régal pour tous les amateurs de tauromachie, qui se levèrent pour crier : Salve maestro !







