Un mois après les inondations et la crue record de la Loire qui ont frappé la Loire-Atlantique, de nombreux agriculteurs continuent d’en subir les conséquences. Les éleveurs de Brière, en particulier, se trouvent dans une situation précaire. Ce rapport d’ICI Loire Océan met en lumière les défis encore présents pour ces agriculteurs.
Une décrue qui tarde à se faire sentir
À Brière, la situation reste alarmante, souligne Pierre-Marie Château, président de l'association de défense des éleveurs locaux. "Le niveau de l'eau ne recule que d'un centimètre par jour. La restauration de nos marais semble encore loin", déplore-t-il. Des pâturages où l'herbe ne pousse pas laissent place à une prolifération de jussie, une plante invasive qui complique encore la tâche des éleveurs.
Alors que certains disposent de terres sèches pour accueillir leurs troupeaux, d'autres, malheureusement, se trouvent piégés par l'inondation, contraints d'alimenter leurs animaux uniquement avec du foin. Malgré les demandes répétées pour l'installation de pompes de drainage, aucune mesure n'a été mise en place pour accélérer la décrue. "On se demande si l'agriculture a encore un avenir dans ces marais", s'interroge Pierre-Marie Château.
Résilience face aux déchets des crues
Les éleveurs qui déplacent leurs animaux vers 12 îles de Loire, comme Damien Epoudry, ont eu quelques répit. "C'est une routine d'inondation, mais cette année, la Loire a atteint des niveaux jamais vus il y a trois décennies, entraînant une grande quantité de déchets : cannettes, pneus, et même des poubelles de campings", explique-t-il. La plupart de ces ordures flottantes ont été emportées par le fort courant, mais il reste encore beaucoup à nettoyer.
Un héritage catastrophique de l'inondation
Les conséquences sur l'exploitation maraîchère de Matthieu Harrouet, située à Saint-Julien-de-Concelles, sont également désastreuses. "70 % des parcelles ont été détruites à cause des inondations. Les engrais ont été lessivés et de nombreux débris encombrent désormais la terre", précise-t-il. Le préjudice total est évalué à 600 000 euros, tandis que l'indemnisation envisagée ne dépasse pas 150 à 200 000 euros.
Le chemin de la reconstruction sera long et difficile, tant pour les éleveurs que pour les maraîchers, alors que le futur de l'agriculture locale se trouve en jeu. Comme l'indique Matthieu, "nous avons encore du travail pour rentrer dans les normes du marché, mais la nature nous impose des défis que nous n'avons jamais rencontrés auparavant".







