Une pétition circulant au sein de l’Université de Bretagne occidentale (UBO), soutenue par environ 300 enseignants, étudiants et membres du personnel, vise à dénoncer Pascal Olivard. Le président, qui a également été candidat centriste aux récentes élections municipales à Brest, a qualifié d’«accord contre nature» l’alliance entre le Parti socialiste (PS) et La France insoumise (LFI) pour le second tour des élections municipales.
La décision de cette alliance a été prise juste après le premier tour, où le maire sortant François Cuillandre (PS) a indiqué une «fusion technique» avec LFI, qui a fini en troisième position. Cette manœuvre a permis à douze candidats LFI de se joindre à la liste de gauche pour le second tour, sans leur imposer une participation active à l’exécutif.
Pascal Olivard a publiquement exprimé son mécontentement sur les réseaux sociaux, déclarant qu’il se sentait obligé de s'exprimer contre ce qu'il perçoit comme une alliance douteuse. Il a précisé : «En 2024, j’ai condamné l’extrême droite lors des législatives. Aujourd'hui, je m'oppose à l’autre extrême, qui ne représente pas les valeurs de la République.» Ses critiques incluent l'attitude de certains élus LFI, à qui il reproche de ne jamais avoir condamné les dégradations survenues dans les locaux universitaires.
Cette déclaration a suscité un vif débat au sein de la communauté universitaire. Nicolas Le Merrer, directeur de philosophie à l'UBO, a souligné l'inadéquation des propos d'Olivard, affirmant : «Il est sorti de son rôle. L'université doit être un espace de pluralisme politique et de dialogue critique.» Des avis semblables se retrouvent dans la pétition, qui qualifie les déclarations d'«ingérence dans le débat public» et d'une «implicite consigne de vote».
Pour sa part, Pascal Olivard défend sa position, arguant que son devoir d’exprimer des inquiétudes sur le respect des valeurs universitaires prime. Contrairement aux recteurs, qui sont soumis à un devoir de neutralité, les présidents d’université bénéficient d'une plus grande autonomie en matière d'expression publique, comme le rapporte France Bleu Bretagne.







