Alors que certains établissements prestigieux inaugurent de nouveaux campus dans des lieux emblématiques, beaucoup d'autres s'attachent à construire un réseau global de partenariats. La quête de l'internationalisation est désormais essentielle pour rester compétitif.
Récemment, l'Essca a étendu son empreinte avec l'ouverture d'un nouveau campus à Malaga, marqué par une visibilité accrue sur la scène internationale. Ce site, le dixième de l'école fondée à Angers, est également le quatrième en dehors des frontières françaises. Benjamin Morisse, directeur général adjoint de l'Essca, partage que cette expansion a vu le jour après un premier campus à Budapest en 1993, lorsque les opportunités se sont présentées avec l'ouverture de l'Europe de l'Est.
Depuis, l'école a placé son cap sur des villes stratégiques comme Shanghai en 2006 et, plus récemment, Malaga et Luxembourg en 2025. "Nous choisissons des lieux où notre contribution pourra avoir un impact significatif", précise Morisse.
Les raisons derrière cette stratégie sont variées. Posséder des installations à l'étranger permet non seulement aux étudiants français de vivre une expérience internationale de qualité, mais également d’accueillir des étudiants locaux et d'enrichir ses programmes académiques. De plus, l’école contribue à la formation de professionnels en partenariat avec des entreprises locales, développant ainsi un écosystème dynamique autour de ses campus.
L'international : un enjeu incontournable
L'attractivité des écoles de commerce repose en grande partie sur leur capacité à se mondaliser. Face à un marché du baccalauréat stagnant, l'acquisition de nouveaux candidats s'acquiert davantage par l'intermédiaire du réseau international. Selon un récent rapport du Le Parisien, cet internationalisme est également un critère déterminant dans les classements d'accréditation qui influencent fortement la notoriété des établissements.
Les organismes d'évaluation examinent notamment le pourcentage d'étudiants internationaux présents, la diversité des nationalités, ainsi que l'internationalité du corps professoral. Ainsi, la mobilité étudiante est un critère essentiel, avec une attention particulière accordée au nombre d'étudiants qui choisissent des doubles diplômes ou qui s'engagent à poursuivre leur carrière à l'étranger.
Une internationalisation à portée de main
Les investissements dans des campus à l'étranger ne sont pas une nécessité pour toutes les écoles. L'exemple de la Rennes School of Business montre qu'il est possible d'avoir une forte présence internationale tout en restant centrée sur un territoire spécifique. Avec un tiers de ses étudiants d'origine étrangère et 90 % de son corps professoral non français, l'établissement démontre qu'une formation anglophone peut attirer des talents du monde entier.
À l'Iéseg, la priorité a été de rendre l'international accessible au quotidien. Caroline Roussel, directrice générale, souligne : "L'international ne se limite pas seulement à avoir des campus à l'étranger mais doit imprégner notre pédagogie et notre culture scolaire." Ce choix stratégique a permis à de nombreux étudiants de s’inscrire dans une vraie dynamique mondiale.
Flexibilité et adaptation
Dans un monde global en constante évolution, une alliance de partenaires devient plus qu'une option, mais une nécessité. D'après Caroline Roussel, cette approche leur assure une agilité nécessaire : "En cas de crise géopolitique, nos étudiants peuvent facilement se réorienter vers d'autres destinations, diversifiant ainsi leurs expériences sans les lourdeurs d'un campus fixe." Quand bien même l'ouverture d'un campus attire l'attention, il est primordial d'opter pour des projets bien pensés et implantés dans des zones à fort potentiel. Par exemple, l'Essca n'est pas seulement motivée par l'exotisme de Malaga mais par l'émergence de la ville comme un centre technologique ; accueillant Google pour ses recherches en cybersécurité, elle marque une volonté de se situer au cœur d'une dynamique innovante.
"Nous envisageons ce campus comme un tremplin pour attirer les étudiants latino-américains désireux de découvrir l'Europe", conclut Benjamin Morisse. Cela promet un échange enrichissant, marquant une nouvelle ère pour les écoles de commerce et leurs futurs diplômés.







