L'essentiel
- Une étude révèle que 5 millions d'emplois en France, dont ceux des architectes, sont menacés par l'IA générative.
- Les agences d'architecture commencent à intégrer l'IA dans leurs processus, optimisant ainsi l'efficacité créative et administrative.
- Selon Luma, l'IA pourrait orchestrer les projets architecturaux tout en laissant aux humains le soin de l'intention créative.
L'intelligence artificielle génère des applications variées, mais son intrusion dans des secteurs comme l'architecture soulève des inquiétudes croissantes. À l’instar des traducteurs et graphistes, les architectes se retrouvent face à une technologie qui pourrait bouleverser leur manière de travailler.
Relayée par Mobigeeks, une étude menée par Coface et OEM, dévoilera en avril que 5 millions d'emplois en France sont susceptibles d'être fragilisés par l'IA générative. Bien que l'on s'y soit préparé pour des tâches répétitives, la menace s'étend désormais à des métiers plus qualifiés comme l'architecture.
Les architectes dans le top 3 des métiers menacés
Cette étude classe l'architecture parmi les secteurs les plus à risque, avec jusqu'à 26,9 % des tâches pouvant être automatisées. L'Observatoire de l'économie de l'architecture, dans une enquête de 2025, indique déjà une baisse de 7 % des bénéfices des agences d'architecture, avec une bonne partie d'entre elles anticipant des revenus en chute pour 2026.
« L’arrivée de l’IA inquiète, car on voit ce qui arrive aux graphistes », confie Myrtille Allard, directrice de l’agence Redcat architecture à Rennes, dans une interview accordée à 20 Minutes. Les agences doivent s'adapter. Ainsi, près de deux tiers des nouvelles structures intègrent l'IA pour des tâches administratives comme la gestion des appels d'offres.
Un risque « d’appauvrissement de la conception »
« À l’horizon 2026, utiliser l’IA sera aussi courant que solliciter un ordinateur », prédit Sridhar Ramaswamy, directeur de Snowflake. Les disparités entre ceux qui adoptent ces outils et ceux qui moisissent vont s'accentuer, posant des questions éthiques et professionnelles.
Néanmoins, des architectes comme Allard reconnaissent que l'IA peut représenter un atout indéniable, surtout pour les tâches à faible valeur ajoutée, alors même qu'elle pourrait également mener à une uniformisation de la créativité. « L'architecte reste un chef d'orchestre, mais l'IA permet des gains de temps significatifs », note-t-elle.
Les entreprises d’intelligence artificielle comme Luma affirment que tout en déléguant certaines tâches à l'IA, les architectes gardent le contrôle sur la vision créative. Cette évolution pose un débat crucial sur l'avenir même du métier, au moment où des outils d’IA peuvent créer des projets complexes plus rapidement que jamais.







