À bord du Izel Vor, le bateau de pêche de David Le Quintrec, l’équipage a pris le large à une heure du matin, retour prévu à 9H30. Ces derniers temps, ils préfèrent se diriger vers Groix plutôt que de s’aventurer au large de Belle-Île, une habitude qui remonte à des décennies. « En pêchant à Groix, nous réduisons notre temps de navigation d’environ trois heures, ce qui est crucial en ces temps de hausse des coûts », explique Le Quintrec. Le prix du gasoil à Lorient a atteint 84 centimes le litre, contre 60 centimes il y a trois semaines. Ce coût supplémentaire pèse sur les budgets des pêcheurs artisanaux.
Malgré des conditions de pêche favorables, avec une bonne récolte de sole et de bar, les inquiétudes persistent. David Le Quintrec alerte sur les quotas de maquereaux, une espèce insidieusement menacée. Selon son analyse, l’Union européenne prévoit une réduction de 70% des quotas d'ici 2026, un coup dur pour une industrie déjà affaiblie. Dans une interview accordée au Ouest-France, la ministre de la Mer, Catherine Chabaud, a évoqué des augmentations potentielles des quotas, mais Le Quintrec reste sceptique.
« Il est impératif que la voix des pêcheurs artisanaux soit entendue. Si les choses ne changent pas rapidement, nous serons forcés d’abandonner nos prises », a-t-il déclaré, soulignant les humiliations subies par les acteurs de la pêche, particulièrement dans un cadre où les décisions des autorités européennes sont perçues comme déconnectées des réalités du terrain.







