Au sud de Toulouse, la maison Athos, l'une des six structures de France dédiées aux militaires blessés psychiques, a ouvert ses portes en septembre 2024. Selon le ministère des armées, cette initiative vise à accueillir des soldats souffrant de blessures invisibles, souvent liés à des expériences traumatisantes. Jean-Michel, un psychologue militaire, mentionne que ces blessures nécessitent un suivi long et attentif, car elles touchent des dimensions profondes de l'identité des soldats.
Depuis son inauguration, déjà 85 militaires ont été accueillis. Ce lieu est conçu comme un espace de réhabilitation où le soutien est à la fois collectif et individuel. Bernard D., responsable de la maison Athos de Lauragais, nous explique : "Nous voulons que cela ressemble à une maison familiale. La reconnection avec la société et la prise de confiance en soi sont essentielles pour nos résidents." Les soldats peuvent passer la journée ou la semaine ici, avec une structure qui leur permet de reprendre pied dans la vie sociale.
Un espace de ressourcement
Le concept de ce centre repose sur l'idée d'accompagnement et d'écoute, sans être médicalisé. Selon un rapport de France Bleu, entre cinq et quinze blessés fréquentent quotidiennement cet espace, bénéficiant d’activités variées qui favorisent l’échange et la convivialité.
La maison propose des activités allant du tir à l'arc à des excursions en montagne, créant ainsi des opportunités de réintégration dans le tissu social. "On travaille sur la maîtrise de soi et la réappropriation de son corps", indique Bertrand D. Il souligne également l'importance d'interactions simples, comme partager un repas, qui peuvent représenter une avancée significative dans le processus de guérison.
Témoignage d'Andrea
Andrea, 45 ans, ancienne soldate ayant servi en Afghanistan, partage son vécu. Blessée psychiquement suite à une opération, elle a été accueillie à la maison Athos après un long parcours de soins. "Ici, j'ai retrouvé le goût de la vie", confie-t-elle. Elle souligne l'importance des activités collectives, notamment la cuisine, qui l’ont aidée à renouer avec des gestes quotidiens essentiels.
"J'avais perdu ma confiance en moi. Reprendre le sport et m'occuper d'animaux a été crucial pour ma réhabilitation", ajoute-t-elle. Andrea envisage maintenant une reconversion en tant que fleuriste, un projet qui allie sa passion pour la nature et le désir de retrouver une vie professionnelle.
Bertrand D. conclut : "Nous sommes là pour accompagner et soutenir chacun, tout en respectant le rythme de chaque blessé. La réhabilitation est un chemin long, mais chaque petit pas compte." Cette maison est plus qu'un simple lieu ; c'est un espace de guérison et de reconnection, répondant aux besoins de ceux qui ont sacrifié tant pour leur pays.







