Des témoignages font état de violences physiques et de pratiques humiliantes au sein de l'équipe.
Le célèbre chef danois René Redzepi a annoncé jeudi sa décision de quitter le restaurant noma, qu'il a cofondé en 2003, à la suite d'accusations graves de comportements violents et humiliants envers ses employés. Cette annonce a été un véritable choc pour l'univers de la gastronomie, déjà en proie à une remise en question des pratiques de travail.
René Redzepi s’était fait connaître pour avoir hissé noma au rang de l’un des restaurants les plus prestigieux au monde, mais son image est désormais ternie par des dénonciations d’anciens employés qui évoquent coups de poing, intimidation et abus de pouvoir. Le New York Times a récemment publié une enquête alarmante qui révèle des comportements inacceptables allant de 2009 à 2017, créant une onde de choc dans le milieu.
« Je me suis conduit en tyran »
« Après plus de deux décennies à bâtir ce restaurant, j’ai réalisé qu'il était temps pour moi de me retirer », a exprimé Redzepi sur les réseaux sociaux, visiblement touché. Il a présenté ses excuses à ses équipes, tout en reconnaissant les blessures laissées par son comportement.
Face à cette situation, l’autorité du chef semble s’être fragilisée. Sa décision de démissionner du conseil d'administration d'une association caritative qu'il avait fondée souligne sa volonté de prendre ses responsabilités. "Des excuses ne suffisent pas. Je porte la responsabilité de mes actes", a-t-il ajouté.
Noma, contraction des mots danois pour "nordique" et "nourriture", a ouvert en 2003 à Copenhague, et a depuis défini un modèle de cuisine innovante, mais semble désormais embourbée dans un tourbillon de controverse.
Si Redzepi a connu des succès sans précédent, il a également défié certaines conventions en critiquant le système des étoiles Michelin, reconnaissant publiquement ses erreurs et son comportement tyrannique durant sa carrière.
« Une culture de peur, d’abus et d’exploitation »
La situation a atteint son paroxysme après que Jason Ignacio White, ancien responsable de la fermentation chez noma, a dénoncé publiquement le climat toxique qui régnait au sein du restaurant. « Noma n'est pas une histoire d'innovation, mais celle d'un maniaque qui a établi une culture de peur et d'exploitation », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.
Lors d'une manifestation récente, des camarades de White ont brandi des pancartes, demandant la démission de Redzepi. "Noma m’a brisé" était l'un des slogans, reflétant la souffrance ressentie par de nombreux anciens employés.
Redzepi a tenté de calmer les inquiétudes en affirmant que l'équipe actuelle de noma est « la plus forte et inspirante » qu’elle ait jamais été. Le restaurant, après avoir traversé cette tempête, prévoit de rouvrir, tandis qu'une nouvelle boutique a été inaugurée pour rendre ses méthodes plus accessibles.







