Une récente réforme a ouvert les portes des cabinets libéraux aux étudiants en kinésithérapie, dopant considérablement leurs possibilités d'apprentissage. Jusqu'à présent, ces expériences étaient principalement cantonnées aux structures hospitalières, laissant peu de chance aux étudiants de bénéficier d'un apprentissage pratique. C'est un véritable tournant dans la formation des futurs professionnels, comme l'indique Cécile Riou, directrice de l'Ifpek de Rennes.
"L'apprentissage était limité à quelques étudiants par promotion, ce qui est très restrictif. L'ouverture vers les cabinets libéraux est une bouffée d'air frais pour nous tous", affirme-t-elle. Ce changement a rencontré un accueil enthousiaste chez les étudiants. Romain Hervé, l'un d'entre eux, partage cet avis : "Avec ce nouveau dispositif, nous sommes motivés à nous impliquer à 100% dans nos études, car nous n'avons plus à chercher un travail à côté pour financer notre formation.
des frais en moins, un salaire en plus
Cette réforme offre plusieurs avantages financiers aux étudiants. Les frais de scolarité, qui s'élèvent en moyenne à 8 000 euros par an, peuvent être pris en charge par les employeurs. De plus, les étudiants reçoivent un salaire durant leur formation, souvent situé légèrement en dessous du Smic, ainsi que d'autres bénéfices tels qu'une aide au permis de conduire, de l'hébergement et des congés payés. Cette approche permet d'alléger la pression financière qui pèse sur les étudiants, un sujet crucial dans le contexte actuel de précarité étudiante.
"Ça nous permet vraiment de nous concentrer à 100% sur nos études, sans la nécessité de travailler à l'extérieur", confie Romain, ce qui est aussi un point que soulève Cécile Riou, en notant que cela aide à rendre les études plus accessibles.
gagnant-gagnant
Les bénéfices de l'apprentissage ne s'arrêtent pas là. Il procure aux étudiants une pratique bien plus rapide que lors d'une formation traditionnelle. Comme l'exprime Hélène Poulain, responsable pédagogique à l’établissement, "nous améliorons notre formation par une immersion directe dans le milieu professionnel." Les kinésithérapeutes, de leur côté, bénéficient d'une nouvelle perspective sur les techniques modernes, apportées par de jeunes diplômés. Cela permet aux employeurs de préparer l'avenir en formant des assistants potentiels.
En avril 2017, l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes avait exprimé des réserves sur cette approche, arguant qu'elle irait à l'encontre des dispositions sur l'exercice légal de la profession. Cependant, Cécile Riou et ses équipes estiment aujourd'hui que ces inquiétudes étaient infondées. "L'apprenti ne remplace jamais un professionnel en poste. C'est un cadre structuré, toujours orienté vers l'apprentissage", insistent-elles.
trouver un employeur potentiel
Un des derniers défis demeure la recherche d'un employeur pour les contrats d'apprentissage. Les étudiants doivent commencer cette quête rapidement, puisque les contrats débuteront en juillet et se poursuivront jusqu'à la conclusion de leur formation un an plus tard. Romain a déjà commencé à discuter avec son futur cabinet d'accueil. "Nous devons nous assurer qu'ils seront d'accord pour s'engager sur la durée. Avoir une année entière sur le terrain serait un atout considérable", conclut-il.







