Un prêtre assassin ? Emmanuel Abayisenga plaide le silence lors de son procès

Emmanuel Abayisenga se retranche derrière son droit au silence dans cette affaire tragique.
Un prêtre assassin ? Emmanuel Abayisenga plaide le silence lors de son procès
Emmanuel Abayisenga encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat du père Olivier Maire. | OUEST-FRANCE

Le 19 octobre, la cour d'assises de la Vendée a débuté le procès d'Emmanuel Abayisenga, accusé du meurtre du père Olivier Maire, survenu durant la nuit du 8 au 9 août 2021 à Saint-Laurent-sur-Sèvre. L'affaire, qui a capté l'attention du public, soulève des interrogations sur la santé mentale de l'accusé et son état au moment des faits.

Emmanuel Abayisenga, 45 ans et originaire du Rwanda, a été extrait de sa cellule à Nantes pour assister aux débats. Malgré des problèmes de santé apparents, il a fait l'effort de se rendre au tribunal. Au moment où il a pris la parole, affirmant : « Merci de respecter mon droit au silence. Je n’ai pas besoin d’interprète, ni d’avocat. », il a laissé auditoire et jurés face à des questions brûlantes.

Abayisenga, qui était sous contrôle judiciaire et hébergé chez les frères Montfortains, avait avoué son crime le jour suivant à la gendarmerie. Après 14 mois d'hospitalisation en psychiatrie, il a été formellement mis en examen pour assassinat, malgré des expertises attestant d'un discernement altéré. Selon les conclusions de ces spécialistes, Abayisenga est considéré pénalement responsable, une notion qui reste au cœur des débats judiciaires.

Maud Navenot, son avocate, a exprimé des doutes sur la responsabilité pénale de son client, évoquant des demandes de contre-expertises non acceptées : « Sur le plan de la responsabilité pénale, il me semble qu’on peut toujours se poser légitimement la question... » Elle souligne également le défi pour l'accusation de prouver la préméditation, un élément crucial pour que le chef d'accusation soit retenu.

Ce procès, qui s’étendra sur quatre jours, est d'une importance capitale tant pour les proches de la victime que pour la compréhension des enjeux juridiques liés à la santé mentale en matière criminelle. La décision sera rendue le 22 octobre.

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