Dans le Finistère, les contrôles administratifs liés au Revenu de Solidarité Active (RSA) soulèvent une indignation croissante. Des allocataires et la CGT ont dénoncé ce qu'ils qualifient de "violence administrative" et de "méthodes inquisitoriales", évoquant un harcèlement moral à l'audience prévue au tribunal de Brest ce lundi. Le conseil départemental, représenté par son président Maël de Calan (ex-LR), réfute ces accusations, les qualifiant de "mascarade politique".
"Nous sommes impatients de faire entendre notre vérité en justice", a déclaré Maël de Calan, s'inquiétant de la réputation du département. La CGT appuie leur plainte avec un dossier contenant plus de 30 témoignages d'allocataires, soulignant que les contrôles s'apparentent à des tentatives d'évincer un maximum de bénéficiaires du RSA. Ludovic Morin, secrétaire général de la CGT du Finistère, a affirmé : "Il ne s'agit pas de justice, mais de pratiques qui fragilisent des gens déjà en difficulté".
L'angoisse des allocataires
Les allocataires relatent des expériences traumatisantes, étant sommés de fournir des justificatifs pour chaque mouvement bancaire jugé suspect. Certains prennent du temps pour justifier un mouvement de seulement 5 euros, ce qui leur coûte du temps précieux dans leur recherche d'emploi. "Ce harcèlement perpétuel altère ma reconstruction", confie Arthur C., 31 ans.
Philippe H., 54 ans, a calculé que les frais liés à ses contrôles lui ont coûté autant que sept baguettes de pain, un montant non négligeable en fin de mois. D'autres, comme Matthieu M., déplorent des contrôles jugés absurdes et déstabilisants, signalant qu'on leur demande jusqu'à 600 justificatifs sur 19 mois, alors qu'ils ne reçoivent même plus le RSA.
Diminution alarmante des allocataires
Selon la CGT, le nombre d'allocataires a chuté de 24,4% dans le Finistère depuis 2021, un chiffre disproportionné par rapport à la moyenne nationale de -3,4%. Cette baisse est controversée, le département prétendant qu'elle résulte de son programme de "coaching intensif" pour l'emploi. Maël de Calan, lui, balaie ces préoccupations et considère les témoignages comme des manipulations.
Le syndicaliste Morin martèle que les méthodes d’audit du département vont au-delà des normes acceptables dans l’administration fiscale, mettant en lumière une "politique du chiffre" trop agressive. "Ces témoignages transmettent de la souffrance et de l'angoisse", a-t-il ajouté; un sentiment partagé par de nombreux allocataires.
Conflicts face aux accusations
En réponse aux accusations, Maël de Calan défend ses actions. La cellule de contrôle mise en place en 2022 a effectué environ 7500 vérifications en trois ans. "Il faut rappeler que des anomalies ont été révélées lors de plusieurs contrôles", précise-t-il, insistant sur le fait qu'une majorité des plaignants avaient refusé de coopérer.
La Confédération paysanne a aussi pris position en faveur d'agriculteurs précaires bénéficiaires du RSA, rappelant que cette allocation ne doit pas être perçue comme un revenu universel. Le débat continue de faire rage au sein du département et parmi les acteurs concernés.







