À Carquefou, des familles et des membres du personnel de l'EHPAD de La Seilleraye expriment leur profonde inquiétude face à une situation alarmante. Ces derniers dénoncent un manque de personnel et des conditions de vie insatisfaisantes pour les résidents.
Annie, dont le père réside à La Seilleraye, témoigne : "C'est devenu un mouroir. Depuis trois semaines, à chaque visite, je trouve mon père avec les cheveux gras. Un jour, je l'ai trouvé couché à 14h30 car le personnel ne pouvait pas s'en occuper. C'est inacceptable !"
Ce constat est partagé par André, dont les deux parents ont 95 ans : "Une fois, je n'ai vu qu'une aide-soignante pour deux étages, et elle était si épuisée qu'elle en pleurait. Ce n'est pas normal," se désespère-t-il, notant l'absence de réponse de la direction malgré des courriers envoyés.
Chantal, sœur d'André, souligne la détresse des soignants : "Ils ne sont pas suffisamment nombreux, il est parfois difficile pour eux de s'occuper des résidents correctement. Je me demande vraiment comment ils gèrent les repas, surtout pour ceux qui ne peuvent pas manger seuls."
Les travailleurs de La Seilleraye, malgré leurs efforts, sont à bout de nerfs. Catherine Richard, la secrétaire de la CGT au pôle gériatrique, déclare : "Depuis trois ans, nous alertons le CHU de Nantes sur les sous-effectifs et nous n’avons reçu aucune réponse satisfaisante. Nous venons d’envoyer une nouvelle lettre ouverte au directeur général," a-t-elle annoncé lors d'une récente conférence.
Pour sa part, la direction du CHU a tenté d’apporter des explications, indiquant que "la gériatrie est une spécialité manquant d’attractivité, rendant le recrutement difficile". Un job dating est prévu le 28 mai prochain pour tenter d'attirer de nouveaux talents, mais pour la CGT, "la direction doit revoir son organisation et rendre le travail en EHPAD plus attractif", insiste Catherine Richard.
Les résidents, eux aussi, se sentent oubliés. Monique, une résidente de neuf ans à La Seilleraye, partage : "Avant, nous avions la possibilité de sortir avec le personnel, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui". Une détérioration qui n’échappe pas non plus à Madeleine : "Le goûter en terrasse était un moment privilégié, mais maintenant, les aides-soignantes n’ont tout simplement plus le temps."
Le besoin urgent d'un soutien accru et d'une réorganisation des soins à La Seilleraye est de plus en plus pressant, alors que les familles se battent pour le bien-être de leurs proches en ces temps difficiles.







