La piscine turquoise de 66 m², construite en 2016 dans le camping municipal de Trélévern, devra bientôt fermer ses portes. Des riverains, soutenus par une association environnementale, ont mené une action qui a abouti à une décision de justice. Le tribunal judiciaire de Saint-Brieuc a ainsi ordonné, le 13 avril dernier, la démolition de cette piscine, trop proche de la plage de Port l'Épine, à seulement 30 mètres du rivage. La commune a un délai de six mois pour rendre le site conforme, sous peine d'astreinte.
Cette situation n'est pas une surprise pour Gontran Berthelot, le gérant du camping Les 7 Îles, qui confie : "C'est dommage d'en arriver là. Je dois en subir les conséquences alors que l'ancien maire, responsable de la délivrance du permis, n'est plus en fonction". Il craint également que la disparition de la piscine impacte directement son chiffre d'affaires. "Dans le monde du camping, une piscine est souvent la première question posée par les clients. Sans piscine, l'attrait du site sera fortement réduit", explique-t-il.
La voix des vacanciers
De nombreux vacanciers partagent les inquiétudes du gérant. Corinne, qui vient régulièrement au camping avec ses petits-enfants, juge cette décision exagérée : "C'est important d'avoir cette petite piscine, surtout avec des enfants. Elle ne dérange pas et apporte un plus à l'expérience", témoigne-t-elle. D'autres vacanciers, comme Denis du Calvados, ajoutent ne pas comprendre le problème soulevé par cette "toute petite piscine".
Gontran Berthelot évoque également la singularité de la région où l’eau de mer reste souvent fraîche même en été, rendant la piscine d'autant plus essentielle pour les campeurs.
La prise de responsabilité de la municipalité
Concernant la suite, la commune, forte de ses 1.270 habitants, a choisi de ne pas contester le jugement. La nouvelle maire, Dominique Bertinotti, souhaite "clore ce chapitre". Elle reconnaît des erreurs de gestion précédente et aspire à tourner la page rapidement tout en réfléchissant à l'avenir du camping : "Nous avons plusieurs options à considérer, qu'il s'agisse d'un bail commercial ou d'un retour à la gestion municipale, mais la vente n'est pas envisagée".
La mairie a prévu de partager les coûts de démolition, évalués à près de 100.000 euros, avec le délégataire. Les travaux devraient commencer en septembre. Gontran, bien que triste, se concentre sur la saison actuelle : "Je garderai cela en tête après l'été. Pour l'instant, j'ai une saison à réussir".







