Après avoir purgé 20 ans d'une peine de 30 ans pour viols, un individu retrouve sa liberté, provoquant un traumatisme profond pour Karine Jambu, qui a subi ces crimes dans son enfance. Aujourd'hui, elle doit vivre avec l'angoisse de croiser son agresseur à Rennes, à proximité de son travail.
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La décision de libération, communiquée sous la forme d'une lettre d'information, est vécue par Karine comme un véritable choc : "Madame, j'ai l'honneur de vous informer que M. Blaudy Roland a purgé sa peine et sortira de détention le 12 mai 2026", a-t-elle lu. À l'époque des faits, Karine n'était qu'une enfant lors de l'agression. Initialement condamné à 30 ans, il devrait être libéré ce 12 mai.
"Je ressens un isolement terrible, je me demande comment je vais vivre cela. Pour quelqu'un comme moi, qui a tant de mal à se reconstruire, cette situation pourrait mener au désespoir. On lit ces mots et on ne peut que tomber dans la tristesse", confie Karine, entourée du soutien indéfectible de sa mère adoptive. Ce qui augmente encore son anxiété, c'est la proximité géographique entre son domicile et le lieu de résidence de son agresseur : "Il pourra habiter à Rennes et, au final, ce sera moi qui serai prisonnière, contrainte de réfléchir à chaque sortie par peur de le voir."
Une sortie de détention qui suscite incompréhension et indignation
En 2018, lorsque la justice l'a condamné à 30 ans, celle-ci avait fixé la période de sûreté à 20 ans. Karine était persuadée qu'il ne serait pas relâché avant 2038, mais grâce à un mécanisme légal nommé « confusion des peines », l'agresseur a été considéré comme ayant rempli ses obligations, étant déjà sous les verrous depuis 2005 pour un autre crime. Laurence Brunet-Jambu, la mère de Karine, s'élève contre cette législation, soutenant : "Cette confusion de peine ne devrait pas s'appliquer aux viols d'enfants ou aux violences conjugales. Les gros criminels ne devraient pas en bénéficier."
Concernant le choix de résidence près de sa victime, la justice a indiqué qu'elle n'avait pas d'autres alternatives. Joël Jarrigue, Procureur de la République de Caen, a indiqué : "Nous devions le loger dans un lieu où nous pourrions garantir un suivi, allouer des soins, et orchestrer une surveillance électronique. L'unique adresse obtenue était celle de son frère, à Rennes, près de l'une des victimes, malheureusement."
Karine et sa mère ont adressé une lettre au ministre de la Justice, mais attendent toujours une réponse. L'opinion publique se mobilise et la situation soulève des questions sur la sécurité des victimes et l'efficacité du système judiciaire français.







