Le 12 mai 2026, la CPAM des Côtes-d’Armor a révélé avoir stoppé des fraudes totalisant 6,5 millions d’euros pour l'année 2025, enregistrant une hausse impressionnante de 43 % par rapport à 2024. L’augmentation significative est notamment attribuée aux audioprothésistes, qui représentent à eux seuls plus de 3,3 millions d’euros de fraudes.
Cette escalade des fraudes s'explique en grande partie par un changement de stratégie de la CPAM. L'organisme a intensifié ses contrôles en amont des paiements, permettant ainsi de bloquer 61,5 % des montants frauduleux détectés avant qu'ils ne soient versés, ce qui équivaut à près de 4 millions d’euros préventivement évités.
Les professionnels concentrent 90% des montants détournés
Les seules professions de santé sont à l'origine de 90 % des sommes détournées, représentant toutefois une minorité d'acteurs, selon la CPAM. En particulier, les audioprothésistes ont été pointés du doigt pour avoir facturé des appareils auditifs qui n'étaient jamais remis aux patients. Depuis janvier 2025, la facturation via la carte Vitale est désormais obligatoire pour ces praticiens afin de réduire les abus.
D'autres pratiques douteuses ont également été mises en lumière, notamment dans des centres de santé dentaires, où des réseaux organisés ont été identifiés, facturant des soins non réalisés, essentiellement des prothèses, pour un total de 362 107 euros de préjudices, dont 68 % ont été stoppés avant paiement.
Faux arrêts de travail vendus sur les réseaux sociaux
Du côté des assurés, bien que les montants soient moins conséquents, environ 650 000 euros, les cas de fraude sont multiples, en particulier en ce qui concerne les arrêts maladie. La CPAM a constaté une augmentation des faux documents, des déclarations inexactes, ou encore la poursuite d'activité pendant un arrêt maladie.
Elle a également souligné la multiplication des faux arrêts de travail vendus sur les réseaux sociaux, souvent accompagnés de faux bulletins de salaire pour gonfler les indemnités journalières.
En réaction à cette augmentation alarmante des fraudes, la CPAM a lancé 254 actions judiciaires en 2025, avec des sanctions financières qui s’élèvent à environ 258 000 euros. Cette situation illustre l'importance d'un renforcement des contrôles pour garantir l'intégrité du système de santé.







