Lors d'une annonce récente, le Premier Ministre Sébastien Lecornu a annoncé une aide pour les agriculteurs, qui sera portée à 15 centimes d'euros par litre pour le Gazole non routier (GNR) d'ici mai. Ce carburant est essentiel pour les tracteurs, et son prix a grimpé de plus de 60 centimes par litre en moyenne depuis le début des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les agriculteurs, déjà en période de préparation des semis, se battent pour faire face à ces hausses incessantes. "Ce sont des journées chargées, on se prépare pour les semis de maïs," confie Julien Hindé, un agriculteur de Plouzané. Son tracteur consomme environ 20 litres à l'heure, et il envisage sérieusement de passer à l'électrique, espérant que cela stabilisera ses coûts : "L’électricité ne fluctue pas de la même manière que les carburants traditionnels."
Un tracteur électrique fabriqué en Bretagne
Pour faire face aux défis posés par la hausse des prix des carburants, une entreprise innovante à Guipavas, Seederal, développe un tracteur électrique sur mesure. "Nous misons sur l’autonomie énergétique et l'économie à long terme pour les agriculteurs," explique Arthur Rivoal, président de la start-up. Après des tests concluants avec un prototype, la compagnie s'apprête à lancer un tracteur 100% électrique, entièrement conçu dans son atelier. Bien que la date de commercialisation reste confidentielle, l'attente grandit parmi les agriculteurs intéressés.
Arthur Rivoal précise que, même si le prix d'achat sera initialement plus élevé, les économies à long terme seront significatives. "Les coûts de maintenance d'un tracteur thermique vont de deux à trois euros de l'heure. Pour notre modèle électrique, on envisage de diviser ces coûts par deux," affirme-t-il. De plus, l'utilisation d'un tracteur électrique pourrait réduire les coûts énergétiques de manière spectaculaire : "Le tracteur électrique élimine l’utilisation de GNR, offrant ainsi un coût horaire inférieur d'un tiers."
La demande est forte, comme l'indiquent les plus de cinquante requêtes d'agriculteurs reçues par Seederal depuis l'escalade des prix des carburants. Cette initiative bretonne ne concerne pas seulement l'innovation, mais aussi une réponse essentielle aux préoccupations croissantes face à l'avenir agricole de la région.







