À La Chevallerais, petite commune de Loire-Atlantique, le bar-tabac a fermé ses portes en 2023, laissant les habitants en manque de cigarettes, de moments conviviaux et de rencontres. Désireux de retrouver cet espace de vie, élus et citoyens s'unissent pour rechercher un repreneur.
Anthony Marsais, adjoint à la communication de cette commune dynamique, souligne que même si La Chevallerais compte 22 associations, le nombre de commerces s'effrite : "Il nous reste deux salons de coiffure, un institut de beauté, une boulangerie et... le bar." Ce bar-tabac, essentiel à la vie locale, a baissé le rideau cet été, et un projet de reprise a échoué pour des raisons financières, incitant la communauté à prendre les rênes du dossier.
Juste à côté, la boulangerie voit passer moins de clients, surtout le week-end. Aurélie, la boulangère, constate ce changement : "On tient bon, mais l'attractivité du bourg se perd. Les clients viennent pour leur baguette et s'en vont sans prendre le temps de discuter, comme ils le faisaient au bar."
"Les enfants venaient le soir jouer au baby-foot. Maintenant, il n'y a plus rien !"
Jessy, natif du village, regrette cette fermeture : "En tant que fumeur, il était facile d'aller acheter mes cigarettes tout en prenant un café et en discutant avec les gens." Maryline partage ce sentiment : "On allait chercher le pain puis se retrouver au bar. Les enfants jouaient au baby-foot, maintenant, il n'y a plus d'espace pour cela !"
Face à cet enjeu, élus et habitants envisagent plusieurs initiatives pour redynamiser cet espace. Virginie souligne l'importance d'organiser des activités intergénérationnelles : "Même durant la semaine, il est possible de créer du lien entre les jeunes et les anciens pour éviter l’isolement." Anthony Marsais ajoute : "Pourquoi ne pas organiser des ateliers poterie ou couture pour faire vivre cet endroit ? L'objectif dépasse le simple commerce de tabac ou de café."
Cependant, l’enjeu principal reste de trouver un repreneur. "Nous avons négocié le bâtiment au prix de 158 000 euros net vendeur. Cela nécessite des travaux et un apport pour commencer, ce qui nécessite un soutien bancaire," explique Marsais, ajoutant l'importance de cet appel à manifestation d'intérêt lancé par la commune.
Un appel à manifestation d'intérêt pour trouver un repreneur
Ce groupe de travail composé d’élus et d'habitants a élaboré un document informatif pour attirer un potentiel investisseur. "Nous avons réalisé une étude de marché qui prouve l'intérêt de reprendre ce bâtiment, avec des projections faites par intelligence artificielle montrant son potentiel," précise l'adjoint.
Néanmoins, la commune se positionne comme un facilitateur en matière de soutien technique plus que financier. "Nous sommes disposés à envisager un rachat des murs, mais nous n'avons pas la capacité de conserver le bar à loyer modéré," confie l'élu. La population ne mesure pas toujours les limites budgétaires face aux attentes croissantes.
Il concède que si la commune acquiert les murs, les charges de 1 100 euros par mois pèseraient sur les habitants si le repreneur venait à abandonner. "Nous sommes conscients que la mairie est souvent critiquée pour son inaction, mais nous investissons beaucoup de temps pour gérer cette situation," conclut-il. Ce combat pour retrouver une convivialité perdue pourrait bien faire vibrer à nouveau le cœur du village.







