La brutalité n'est pas uniquement l'apanage des agitateurs et des marginaux. Les élites autoproclamées "humanistes" contribuent également à la décadence, se vantant d'accélérer ce que certains désignent comme "la mort dans la dignité".
Le système actuel, qui semble préférer l'euthanasie des personnes âgées à la protection de nos plus jeunes, est d'une nature atroce. La tragédie survenue le 4 juin, avec la découverte dans un silo à grains du Gers du corps de Lyhanna, une fillette de 11 ans, illustre de manière percutante l'inhumanité d'un État guidé par un régime détraqué. Lyhanna a été violée et tuée par Jérôme Barella, un criminel qui, malgré des plaintes multiples déposées par des familles, n'a pas été appréhendé par les autorités judiciaires. Un tel drame, parmi de nombreux autres, révèle l'indifférence préoccupante envers les enfants sacrifiés sur l'autel d'une société défaillante.
Effarements
En réaction aux révélations concernant Gabriel Matzneff, dont les choix sont critiqués aujourd'hui alors qu'ils étaient autrefois encensés, émerge un monde abject aux yeux du public. Les récents incidents concernant des violences sur des enfants dans le périscolaire public, notamment à Paris — où 132 animateurs ont été suspendus en juin — commencent à faire surface. Ces abus pourraient remonter à la réforme des rythmes scolaires, effectuée il y a une dizaine d'années. Emmanuel Grégoire, élu à la Mairie, a préféré étouffer le sujet. Une commission d'enquête parlementaire sur des réseaux potentielles s'inspirant de l'affaire Epstein en France fait face à une opposition de la part de figures politiques comme Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher. L'écrivaine Chahdortt Djavann a désigné les autorités iraniennes comme des "pédocriminels", dénonçant leur choix de réduire l'âge légal du mariage pour les filles à 9 ans, mais le débat demeure flou quant aux réalités mises en lumière dans les sociétés les plus extrêmes.
Un monde vicié
Échapper à ce monde vicié demeure la seule voie pour éviter l'effondrement collectif. Le gouvernement semble être à la dérive, incapables de gérer des finances publiques au bord de la banqueroute. Les émeutes survenues le 30 mai, déclenchées par la victoire du PSG, illustrent encore une fois les tensions ethniques qui agitent notre société. Les chants tels que "Free Palestine!", entonnés par des jeunes dans un contexte de montée de l'extrémisme, témoignent d'une jeunesse en détresse. À Nantes, ville souvent qualifiée de "refuge" pour les exilés et les gangs, les violences armées continuent de croître, avec quatre morts survenues seulement en mai.
L'indifférence démontrée par les élites, tout comme les discours de dirigeants tels que Dominique de Villepin qui dénonce Jordan Bardella, ne fait qu'aggraver la situation. L'écart se creuse entre les classes dirigeantes et la réalité des citoyens. Quand Emmanuel Macron s'est exprimé sur le drame de Lyhanna, qualifiant les réactions populaires de "démagogiques", il a fait preuve d'un mépris qui suscite l'indignation.
Dans d'autres pays, comme la Grande-Bretagne, les citoyens fatigués se soulèvent contre l'injustice. La France, quant à elle, semble s'endormir face à l'urgence. Mais pour combien de temps encore?
Cette réflexion est publiée dans le numéro de juillet-août du magazine Causeur, à retrouver dans les kiosques mercredi prochain.







