Dans une opération coordonnée, deux jeunes militants nationalistes basques ont été arrêtés ce mardi à Larressore, une commune des Pyrénées-Atlantiques. Cette intervention, menée par la section de recherche de la gendarmerie, s'inscrit dans une enquête concernant le mouvement connu sous le nom d'U14.
Les interpellations ont visé Xumai et Ekhi Gorostiaga, membres du mouvement, qui se revendique d'un désir d'autonomie basque. Dans une déclaration sur les réseaux sociaux, U14 a fait état de quatre arrestations et a appelé à un rassemblement devant le commissariat de Bayonne à 13h ce même jour.
U14, qui fait référence à une manifestation pour l'indépendance tenue le 14 juillet 2021 à Saint-Jean-de-Luz, a suscité l'attention médiatique pour ses actions. Le 14 juillet 2022, plusieurs agences immobilières de la commune avaient été vandalisées par des manifestants qui dénonçaient la flambée des prix de l'immobilier. Ce type d'actions, bien que controversé, est souvent perçu comme un cri de désespoir par certains jeunes du mouvement.
Les tensions autour de ce mouvement nationale ont récemment pris une tournure plus sérieuse. En mars 2023, lors d'une manifestation à Bayonne où se sont regroupées près de 9 500 personnes contre la réforme des retraites, deux policiers ont rapporté avoir été blessés par des individus cagoulés. À Hendaye, une autre action a été perpétrée le 12 juillet 2023, où des graffitis ont été peints sur un train touristique. Ces événements ont mis en lumière une escalade de la violence parmi certains groupes militants, pouvant provoquer des inquiétudes quant à la sécurité publique.
Nombre d'observateurs soulignent que la répression de ces mouvements pourrait exacerber les tensions et mener à un fossé plus profond entre les jeunes et les autorités. Selon une enquête récente menée par France Bleu, les répercussions des arrestations pourraient mobiliser encore davantage les sympathisants du mouvement U14, augmentant ainsi la visibilité de leur cause. L'importance d'un dialogue constructif est primordiale, comme l'affirme Jean-Michel Lucas, sociologue spécialiste des mouvements sociaux : "Écouter ces voix pourrait permettre de réduire les frustrations et de canaliser les énergies vers des voies pacifiques et constructives."
Alors que les interrogations persistent, il est à suivre comment les autorités géreront cette situation délicate et quelles seront les implications pour les jeunes militants basques.







