"Je suis déjà sanctionnée alors que je ne me suis pas encore défendue". Ces mots, empreints de désespoir, émanent d'une magistrate dont le nom est désormais attaché à l'affaire Lyhanna. Après la publication d'un rapport de l'Inspection générale de la justice (IGJ) le 22 juin, cette jeune substitut au tribunal d'Auch se retrouve sous les feux des projecteurs.
Le rapport de 44 pages critiquent sévèrement son travail, évoquant un "traitement défaillant" et un "manque d'urgence" dans la gestion du dossier. Dans un message à ses proches, recueilli par BFMTV, elle exprime sa difficulté à faire face à la pression médiatique et le sentiment d'injustice qui l'accompagne.
Un parcours difficile
"C'est très complexe de rester silencieuse face à tant d'accusations", soutient-elle, tout en affirmant avoir géré le dossier Rosa dans un délai reculé comparé à d'autres juridictions. En effet, la jeune magistrate, affectée la première fois à ce poste, affirme avoir traité la plainte déposée par la petite Rosa pour viol à temps, malgré le constat d'erreurs de suivi.
Les incidents dénoncés dans le rapport concernent principalement des manquements liés au manque de suivi du dossier. En effet, elle omet de signaler le caractère urgent de l'affaire, avouant un oubli regrettable. Ce qui soulève des inquiétudes quant aux conséquences pour la sécurité des victimes potentielles, il est vrai que le prévenu, Jérôme Barella, n'a pas été interpellé malgré les multiples plaintes déposées.
Une pression insoutenable
Selon des experts, la pression sur les magistrats dans de telles affaires est de plus en plus forte, et il est difficile de juger de manière objective leurs décisions. Un membre du Conseil supérieur de la magistrature a récemment souligné que le personnel de justice est souvent à court de ressources et sous un stress immense, comme l'a confirmé une étude du syndicat de la magistrature indiquant un manque de personnel dans les juridictions.
"Nous travaillons tous dans des conditions impossibles, jonglant entre plusieurs affaires et la vie privée", déclare-t-elle, plaidant pour une compréhension accrue de la part des décideurs quant à la réalité du travail judiciaire. De plus, elle évoque des heures perdues à devoir gérer un volume de travail insurmontable.
Alors que l'affaire se déroule, elle s'inquiète de l'avenir, car elle pourrait faire face à des sanctions professionnelles et s'estime déjà condamnée par l'opinion publique. La jeune substitut espère néanmoins voir son travail valorizé et reconnu comme celui d'une magistrate engagée.







