Dans un communiqué percutant, l’Union syndicale des magistrats a exprimé son mécontentement quant à la désignation prématurée de coupables dans le cadre de l’affaire Lyhanna. Cette situation, jugée «indécente» par les syndicats, met en lumière la pression politique qui entoure ce dossier à la suite de déclarations publiques controversées. Selon l'USM, ces prononcements ont contribué à négliger les problèmes systémiques qui affectent le fonctionnement de la justice en France.
Au lendemain de la publication d'un pré-rapport d'inspection suite à la tragique mort de Lyhanna, collégienne de 11 ans, les syndicats ont appelé à une réflexion approfondie sur les véritables causes de la défaillance dans la gestion des violences faites aux mineurs. « Nous déplorons que des victimes soient mises sur le devant de la scène alors que les véritables enjeux structurels sont occultés », a déclaré un représentant de l'USM.
Le rapport déposé par l'Inspection générale de la justice (IGJ) a conduit le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, à prendre des sanctions contre la substitut du parquet d’Auch, chargée du dossier. Le ministre a engagé une enquête administrative visant cette magistrate, qui a été suspendue de ses fonctions liées aux enquêtes sur les mineurs. Pour le Syndicat de la magistrature, cette décision constitue un affront et illustre une tendance à faire porter le poids des échecs structurels sur les individus.
« Le rapport souligne des délais inacceptables, une absence de priorisation des affaires de violences sexuelles, ainsi qu’un suivi d’enquête défaillant », a précisé un porte-parole du SM, appelant à des rassemblements menés devant les tribunaux pour défendre l’intégrité des magistrats. Comme l’affirme Le Monde, cette situation remet en question l’organisation judiciaire en France, où le parquet d’Auch souffre cruellement d’un manque de moyens. « Le parquet fonctionne avec moins de 4 magistrats à temps plein là où la moyenne européenne serait d’au moins 24 », note l'USM, insistant sur la nécessité d’accorder plus de ressources à cette fonction essentielle.
Pour pallier ces manquements, l'USM propose de repenser les méthodes de travail et de gestion des dossiers, afin d'éviter que des drames comme celui de Lyhanna ne se reproduisent. Ce sont autant de voix qui s'élèvent pour réclamer une justice non seulement plus juste, mais aussi plus humaine.







