Ce samedi 6 juin, la Nuit Blanche, événement artistique phare à Paris, a viré au drame lorsque des militants antérieurs ont bloqué l'église Saint-Laurent où une performance était prévue. Plusieurs personnes ont été prises à partie, y compris la maire Alexandra Cordebard. "Ils ont tenté de nous empêcher d'accéder, physiquement", témoigne-t-elle dans une interview accordée au Parisien.
Devant l'église, des manifestants empêchaient les spectateurs d'approcher le spectacle, bloquant l'entrée. "La police municipale a tenté de nous protéger en nous faisant entrer, mais c'est à ce moment-là que la situation a dégénéré", explique Cordebard.
Son équipe a été attaquée, et bien que certains, comme le député Pouria Amirshahi, aient pu entrer, d'autres ont subi des violences physiques. "Une de mes collaboratrices a été frappée à la cuisse et j'ai été bloquée au milieu de ces personnes", se remémore-t-elle. "J'étais totalement immobilisée à cet endroit."
Une soirée de violence gratuite sourde à la culture
La police, présentée pour assurer la sécurité, a tenté d'extraire la maire hors de ce chaos. C'est à cet instant qu'Alexandra Cordebard a subi plusieurs coups, possiblement des coudes de la foule.
"Ça n’a pas duré longtemps mais c’était violent et délibéré. Je me suis pourtant annoncée comme la maire", a-t-elle déclaré dans le Parisien.
Elle s'est finalement retirée avec des contusions et des douleurs, mais elle reste outrée face à l'escalade de la violence dans son arrondissement. "C'était une soirée dédiée à l'art, où des familles et des gens profitaient des spectacles. Cette violence gratuite et cet obscurantisme sont inacceptables", déclare-t-elle avec ferveur.Elle a dénoncé la détermination et la violence du groupe d'extrême droite qui perturbait l'événement. Ce groupe, lié à Civitas, un mouvement catholique intégriste dissout fin 2023, avait incité ses membres à troubler la Nuit Blanche. Cordebard note que "quasiment tous les perturbateurs étaient des jeunes hommes musclés" visibles à l'extérieur de l'église.
"Il ne s'agissait ni de la foi, ni du spectacle qui était parfaitement approprié. La tenue d'événements dans des églises est traditionnelle et ce n'est nullement provocateur", martèle-t-elle. Le sujet n'était que violence et affirmation politique," entérine-t-elle.
La maire a confirmé avoir déposé une plainte, un acte qui démontre son engagement à dénoncer de telles violences.







