Suite à l'évacuation des passagers du MV Hondius, un enjeu essentiel se profile : comment freiner la propagation potentielle de l'hantavirus à l'échelle mondiale ? Chaque nation adopte ses propres stratégies sanitaires, oscillant entre quarantaines rigoureuses et mesures moins strictes.
Avec la fin des opérations d'évacuation, un nouveau défi s'impose. À bord du MV Hondius, on retrouvait des passagers issus de 23 nationalités. La question cruciale est : comment éviter que l'hantavirus ne se répande ailleurs ? La réponse varie d'un pays à l'autre.
En France, la réponse se veut parmi les plus rigoureuses, avec une quarantaine renforcée dans des hôpitaux pour les croisiéristes et les contacts jugés à risque. La situation est similaire en Espagne, où 14 personnes sont placées en isolement dans un hôpital militaire, sans visites autorisées. En Grande-Bretagne, après 72 heures d'observation dans un hôpital, certains passagers testés négatifs ont pu regagner leur domicile le 13 mai pour un auto-confinement. En général, les pays européens font front commun, suivant les recommandations énoncées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, a déclaré lors d'un point de presse que : "L'OMS recommande qu'ils soient surveillés activement dans un centre de quarantaine désigné ou à domicile pendant 42 jours, à compter de la dernière exposition."
Des stratégies nationales très différentes
En revanche, aux États-Unis, qui ont récemment quitté l'OMS, le cadre est moins rigoureux. Parmi les 18 évacués, un Américain a présenté des symptômes et a été hospitalisé. Les autres ont été transférés dans un centre médical au Nebraska pour y subir des tests, avec des mesures d'isolement qui seront décidées individuellement.
Une question demeure : pourquoi les passagers n'ont-ils pas été maintenus à bord pour leur quarantaine ? Ceci découle d'une nécessité de surveillance médicale appropriée. La docteure Anne Sénéquier, codirectrice de l'Observatoire de la santé mondiale à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), explique : "L'hantavirus a une physiopathologie unique ; après une phase asymptomatique, son évolution peut être rapide et nécessiter des équipements médicaux que l'on ne trouve pas à bord."
Pour sa part, l'Australie a choisi de ne pas prendre de risques, réactivant un ancien centre d'isolement datant de la pandémie de Covid pour accueillir les passagers rapatriés.







