La ville de Tarbes est en émoi face à la programmation d'un concert du rappeur Naps, condamné à sept ans de prison pour viol en première instance. Le collectif droits des femmes 65, au cœur de la polémique, alerte sur les dangers de cette invitation, dénonçant un risque de banalisation des violences sexuelles.
Le collectif a clairement exprimé ses préoccupations dans un courrier : "Continuer à programmer cet homme […] revient à normaliser la culture du viol". très suivi sur les réseaux sociaux, Naps, de son vrai nom Nabil Boukhobza, doit se produire au RG Room le 15 mai prochain, suscitant une vive indignation.
Le rappeur marseillais, reconnu pour son tube "La Kiffance", a été condamné le 19 février dernier après avoir été reconnu coupable d'avoir violé une femme endormie en octobre 2021. D'après les informations du journal Le Monde, les examens médicaux avaient révélé des lésions compatibles avec une pénétration forcée.
La cour criminelle a souligné l'"absence de consentement", la plaignante affirmant qu'elle dormait et que la douleur l'avait réveillée. Après avoir interjeté appel, Naps a été libéré sous contrôle judiciaire dans l'attente d'un nouveau jugement.
Une venue qui "contribue à invisibiliser les victimes"
Laurence, membre du collectif, révèle que leur action a été motivée par le choc ressenti par une femme face à cette programmation. En plus de la condamnation récente, trois nouvelles plaintes pour viol ont été déposées contre le rappeur en 2024. "La présomption d'innocence est fondamentale, mais programmer un artiste condamné pour viol encourage la banalisation de ces actes et le silence des victimes", déclare-t-elle.
Le collectif s'interroge sur le message que cette invitation envoie au public et aux victimes, notamment à celle qui a osé dénoncer le présumé agresseur, ainsi qu'aux autres femmes également victimes.
"Une manifestation inappropriée"
Le collectif a également adressé ses préoccupations au maire de Tarbes ainsi qu'à la préfecture, espérant qu'ils influencent la décision du gérant de l'établissement. Bien qu'ils aient peu de pouvoir légal, leur voix résonne dans une ville qui a vu des efforts pour lutter contre les violences sexuelles.
Le maire, Pascal Claverie, a exprimé que cette programmation est "inappropriée" d'autant plus qu'une condamnation non définitive pourrait nuire à la réputation de l'artiste. Ses remarques témoignent d'une sensibilité à l'indignation suscitée chez les victimes de violences sexuelles et le public.
Pour sa part, le gérant du RG Room n’a pas réagi à nos demandes de commentaire. La controverse suscite une réflexion plus large sur l'importance de prendre en considération les conséquences des événements culturels sur les victimes d'agressions.







