Michel Daugan, maire de la petite commune de Plouasne dans les Côtes-d'Armor, a été placé en détention provisoire le 15 avril dernier après le décès d’une femme de 66 ans lors d’une intervention municipale. Jeudi, il a soutenu sa demande de remise en liberté devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes, par visioconférence.
Reconnaissant avoir commis "une faute grave", le maire a déclaré : "Je ne m'attendais pas à ce que cela se passe ainsi... Je n'ai jamais souhaité la mort de quelqu'un." Selon des sources judiciaires, la chambre doit rendre sa décision dans l’après-midi.
Michel Daugan est sous le coup d'une mise en examen pour des violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, ainsi que pour arrestation illégale. Cette affaire remonte à une intervention en date du 7 avril, au cours de laquelle il a tenté de faire interner d’office la femme, souffrant de troubles psychiatriques, sans respecter la procédure légale requise. L’arrestation s'est mal déroulée, impliquant des scènes largement documentées par des témoins.
Une intervention troublante
Accompagné par un conseiller municipal, le maire a tenté d'intercepter la femme. Selon des témoignages, alors que celle-ci tentait de s'échapper, elle a été poussée au sol par l'adjoint, qui la maintenait avec force. La situation est rapidement devenue inquiétante, puisqu'un témoin a rapporté que le maire a demandé au voisin de trouver de quoi ligoter les jambes de la victime. Lorsque les secours sont finalement arrivés, il a été constaté que la femme ne respirait plus.
L'autopsie a mis en évidence que la mort était liée à des compressions, et les aspects de violence subie ont été soulignés comme des éléments clefs de l'enquête. "Bien évidemment, Michel Daugan a commis des erreurs, mais son intention demeurait de gérer une situation difficile," a argumenté son avocat, Me Jérôme Stéphan.
En parallèle, il a été rapporté que le maire a décidé de démissionner de tous ses mandats pour faciliter une éventuelle mesure de contrôle judiciaire. Cependant, un porte-parole de la préfecture des Côtes-d'Armor a précisé que sa démission n'était pas conforme aux exigences légales, rendant la situation encore plus complexe.
Cette affaire soulève des questions non seulement sur la responsabilité des élus mais aussi sur le traitement des personnes en détresse psychologique. Des experts et sociologues jugent que ce cas éveille des discussions essentielles sur les protocoles d'intervention en cas de troubles psychiatriques.







