Plus de ressources pour gérer la surcharge carcérale, tel est le cœur de la mobilisation des agents pénitentiaires depuis ce lundi. À la maison d'arrêt de Bayonne, le taux d'occupation frôle les 230 %.
Des palettes de bois et des pneus enflammés, une trentaine de manifestants se sont rassemblés ce lundi 27 avril devant l'établissement. Comme dans de nombreuses prisons françaises, le syndicat Ufap-Unsa Justice, l'un des principaux syndicats de surveillants, a lancé un appel à la grève pour dénoncer les conditions désastreuses.
Des conditions alarmantes pour le personnel et les détenus
Christophe Dadot, surveillant brigadier et délégué syndical, explique : “Nous nous trouvons à 230 % de notre capacité. Pour 75 places, nous avons 563 détenus. Notre organigramme est conçu pour 68 places, ce qui engendre d’innombrables problèmes liés à l’hygiène et à la cohabitation dans des cellules souvent surpeuplées.” Il souligne aussi le manque cruel de personnel, estimé à environ une dizaine de postes vacants.
Pierre Evenou, un autre représentant syndical, ajoute : “La surpopulation est source de tensions et d'agressions. De nombreux détenus présentent des troubles psychiatriques, rendant la situation encore plus complexe. Nos infrastructures ne sont pas adaptées pour accueillir autant de personnes, et nous attendons souvent des transferts vers des établissements mieux équipés.”
Une issue incertaine
Moins d’un tiers des 15 000 places de prison promises dans le cadre d’un projet national de 2018 ont été réalisées. Cependant, le ministère de la Justice prévoit l’ouverture de 3 000 places supplémentaires dans des établissements modulaires, la moitié étant attendue pour l’année prochaine. Un projet de loi est actuellement en préparation pour interdire l'utilisation de matelas au sol dans les cellules en raison du manque de lits, témoin d’une situation catastrophique qui concernait près de 7 000 prisonniers au 1er mars. Aucune date précise n'a encore été annoncée concernant l’adoption de ce texte.







