L'abattage de 160 biches et sangliers à Mazeyrolles, sur ordre de la préfecture, a provoqué une onde de choc dans cette petite commune de Dordogne le 21 avril dernier. Les habitants ne sont pas prêts d'oublier cette journée marquée par des coups de feu répétés, comme l'exprime Odette, 85 ans : "C'était à répétition. On avait peur pour nous".
Les forces de gendarmerie et d'autres organismes, tels que l'Office français de la biodiversité (OFB), étaient présentes dès l'aube pour garantir le bon déroulement de l'opération. Éric, le beau-frère du propriétaire, a assisté à des scènes qu'il qualifie de "dégoûtantes". Les taches de sang sur le goudron témoignent de l'horreur vécue par les témoins : "C'était dégueulasse de voir ça devant ma porte".
Une opération douloureuse
Éric, choqué, décrit la scène en ces termes : "C'était une boucherie car toutes les biches étaient pleines, prêtes à mettre bas. Ça m'a révolté". Ce qui était autrefois une auberge renommée, Le Gaulois, a vu ses portes se fermer récemment en raison de graves manquements aux normes de protection animale et environnementale, selon la préfecture. Des carcasses d'animaux en décomposition et des provisions non conformes ont été découvertes par les autorités.
Cette institution locale, appréciée pour ses plats authentiques, était pourtant recommandée par des guides tels que le Petit Futé. José Maury, ancien maire voisin, souligne l'importance de cette auberge dans le cœur des habitants : "C'était un lieu où tout le monde se retrouvait, une vraie institution".
Un constat nécessaire
D'autres voix se sont élevées pour condamner la situation, avec un voisin, Rodolphe, affirmant : "Il fallait que ça se termine; les conditions de vie des animaux laissaient à désirer". La préfecture a d'ailleurs noté que les animaux ont été logés dans des conditions très précaires, sans identification et fréquemment sous-alimentés.
Une enquête judiciaire est en cours, dévoilant des infractions au droit de l'environnement et du travail. Les gendarmes et l'OFB demeurent mobilisés pour assurer que des faits similaires ne se reproduisent pas à l'avenir. La ferme-auberge, une figure emblématique du coin, reste désormais un sinistre rappel des dérives possibles dans la gestion des exploits agricoles.







