Pour faire face à la montée des prix de l'énergie, exacerbée par le conflit au Moyen-Orient, le gouvernement français va débloquer un soutien de 70 millions d'euros pour les secteurs les plus touchés. Un défi difficile pour éviter de creuser davantage le déficit public, déjà sous tension.
Lors d'une récente conférence de presse, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a présenté un « plan de soutien immédiat » pour les domaines les plus affectés par l'escalade des prix du carburant. Ce plan visait principalement les pêcheurs, agriculteurs et professionnels du transport. Pour le moment, il est prévu uniquement pour le mois d'avril, offrant des « aides ciblées sectoriellement et mensuellement renouvelables ». Les ministères prélèveront les fonds nécessaires sur leurs budgets respectifs.
Les transporteurs routiers bénéficieront d'une enveloppe de 50 millions d'euros, une aide cruciale alors que le secteur fait face à une forte pression financière. Une remise de 20 centimes par litre de carburant sera mise en place, nécessitant une demande préalable auprès d'un guichet gouvernemental à venir. L'objectif de cette mesure est de garantir la continuité du fret routier, selon les déclarations du ministère des Finances.
Les pêcheurs ne sont pas en reste, avec une aide de 5 millions d'euros pour faire face à la flambée des coûts, notamment le gazole maritime, qui a connu une augmentation de 80 % en un mois. Un remboursement de 20 centimes par litre de carburant devrait alléger les factures des professionnels du secteur, mesurant l'impact du conflit au Moyen-Orient sur leurs activités.
Les agriculteurs bénéficieront également d'une exonération des droits d'accise sur le gazole non routier (GNR), destiné à alimenter les engins agricoles, pour une valeur totale de 14 millions d'euros. Cette initiative vise à réduire le coût de 4 centimes par litre, renforçant ainsi la compétitivité de la filière face à ses concurrents européens.
Dans le contexte actuel, le gouvernement est bien conscient de la nécessité de rester prudent sur ses dépenses. Roland Lescure a affirmé que l'exécutif doit « préserver la croissance tout en étant soucieux de chaque euro public dépensé ». En parallèle, l'Insee a annoncé que le déficit public français pour l'année 2025 est estimé à 5,1 % du PIB, mieux que prévu, mais cela ne laisse aucune marge de manœuvre pour un relâchement des efforts budgétaires.
Préoccupés par la situation, plusieurs organisations comme l'Association nationale des organisations de producteurs (Anop) et l'Union des armateurs à la pêche de France (UAPF) ont exprimé leurs inquiétudes face à ce qu'elles considèrent comme « des mesurettes », appelant à des actions plus significatives. Ce dernier plan d'aide s'ajoute aux mesures précédentes, notamment des reports de cotisations sociales et des prêts accordés par Bpifrance, afin de soutenir la trésorerie des entreprises jusqu'à la résolution du conflit au Moyen-Orient.







