La multinationale sud-coréenne Samsung Electronics prévoit un bénéfice d'exploitation exceptionnel de 51 milliards d'euros au cours du deuxième trimestre 2026, un chiffre incroyable multiplié par 19 par rapport à l'année dernière. Cela représente le résultat le plus important de son histoire, selon les premières évaluations publiées mardi dernier.
Cette prospérité est largement attribuée à l'essor général de la demande mondiale pour les semi-conducteurs, particulièrement ceux utilisés dans le domaine de l'intelligence artificielle (IA). En effet, le groupe a annoncé que le bénéfice d'exploitation pour la période d’avril à juin se chiffrerait à environ 89.400 milliards de wons (51 milliards d'euros), marquant une incroyable croissance de 1810,3 % sur un an. La demande pour les puces mémoire avancées utilisées dans les centres de données d'IA constitue une véritable manne pour l'industrie, comme le souligne le site de référence *Le Figaro*.
Cette prévision dépasse de 6,2 % les attentes du marché et flye un nouveau record trimestriel, comme l’a rapporté l’agence de presse sud-coréenne Yonhap. De plus, le chiffre d'affaires trimestriel est également estimé en forte hausse de 129 %, atteignant 171.000 milliards de wons (98 milliards d'euros). Kim Dae-jong, professeur de gestion à l'université Sejong, déclare : « Ce bénéfice d'exploitation trimestriel pourrait surpasser celui de Nvidia. Si Samsung arrive à maintenir ce niveau de performance, elle pourrait devenir le leader mondial du secteur manufacturier. » Les résultats définitifs sont attendus à la fin du mois.
L'engouement général s'accompagne aussi d'initiatives gouvernementales. Le 29 juin, le gouvernement sud-coréen a présenté un projet ambitieux, atteignant plus de 1000 milliards d'euros sur dix ans, pour la construction d'installations avancées de semi-conducteurs. Près de 800.000 milliards de wons (455 milliards d'euros) seront affectés à l'édification de quatre nouvelles usines par Samsung et son concurrent SK hynix dans une région moins développée du pays.
Pourtant, malgré ces chiffres encourageants, l'action de Samsung a chuté de 7 % à la Bourse de Séoul peu après l’annonce de ces résultats préliminaires. La question persistante reste de savoir combien de temps cette demande de mémoire va perdurer. Selon le professeur Kim Dae-jong, « la dynamique est assurée au moins jusqu'à l'année prochaine, mais pour les mois suivants, l'incertitude persiste. » Les grandes entreprises de semi-conducteurs semblent désormais privilégier le secteur prometteur de l'IA au détriment de la production de puces moins avancées, ce qui entraîne une hausse des prix pour l'électronique grand public.
Ce boom dans le secteur des semi-conducteurs suscite également un débat sur l’utilisation des recettes fiscales générées, a rapporté *Yonhap*. Kim Yong-beom, le secrétaire en chef pour les politiques de la présidence sud-coréenne, a suggéré d'allouer ces fonds pour soutenir les start-ups et des programmes de bénéfices sociaux. Pendant ce temps, l’attractivité des emplois chez Samsung et SK hynix devient un véritable phénomène culturel, représenté par une simple veste arborant le logo de SK hynix, qui est devenue un symbole viral de réussite.
En somme, travailler pour ces géants des semi-conducteurs est désormais perçu comme un atout précieux non seulement sur le marché de l'emploi, mais aussi dans les dynamiques sociales, tant et si bien que les professions dans ce secteur rivalisent désormais avec des carrières traditionnelles comme celles de médecins et avocats.







