Une étude, parue le 30 juin, conduite par l'Institut des politiques publiques et la Dares, met en lumière le caractère ambigu de l'expérimentation de la réforme du RSA, qui se déroule entre mars 2023 et la fin de l'année 2024. Bien que des améliorations aient été constatées pour certaines catégories de bénéficiaires, l'impact sur l'emploi global est jugé inexistant.
Cette expérimentation visait à offrir un accompagnement renforcé aux bénéficiaires du RSA, que ce soit par France Travail, les départements ou les deux. En effet, les bénéficiaires ayant eu accès à cet accompagnement ont montré un taux de retour à l'emploi supérieur de 25 % par rapport à leurs homologues non encadrés. Lucie Briand, co-autrice de l'étude, souligne que cet effet positif s'explique en grande partie par l'augmentation des contrats aidés. Ces contrats permettent aux employeurs de bénéficier d'une aide financière pour réduire le coût d'embauche.
dégradation des perspectives d'emploi pour les non-participants
En revanche, l'étude met en garde contre une "dégradation des perspectives d'emploi" pour ceux qui n'ont pas participé à cette expérimentation. Les demandeurs d'emploi, qu'ils soient bénéficiaires du RSA ou non, ayant reçu un accompagnement réduit, ont souffert d'une diminution de la qualité de leur soutien. En définitif, malgré les avantages observés pour un certain nombre de bénéficiaires, les bénéfices ont été éclipsés par les perspectives négatives des autres candidats à l'emploi. Lucie Briand a conclu : "l'évaluation globale de l'expérimentation ne montre pas d'effet net positif sur l'emploi salarié total".
Les chercheurs de l'IPP soulignent que les résultats obtenus ne peuvent pas être directement transposés dans le contexte actuel, depuis la mise en œuvre de la loi plein emploi au 1er janvier 2025. Cette loi a élargi l'accompagnement renforcé à l'ensemble des bénéficiaires du RSA. Cependant, des changements dans les procédures d'orientation et l'introduction de nouvelles sanctions posent des questions quant à l'efficacité réelle de ce dispositif restructuré.
Enfin, les méthodologies utilisées pour cette étude n'ont pas permis d'évaluer si les emplois aidés servent véritablement de tremplin vers des emplois durables et non aidés.







