Au moulin de la Dentelle, au mas de Bayle et au domaine Les 3 Mazets, à Villeveyrac, la gestion de l'eau est devenue un enjeu crucial pour les agriculteurs. Même si la réserve en eau est abondante, il est essentiel d'économiser cette précieuse ressource.
Raccordée à Aqua Domitia, un programme qui assure la sécurisation des besoins en eau, Villeveyrac se démarque des autres communes agricoles. Le territoire n’est pas actuellement en situation de crise, mais ses agriculteurs restent vigilants. Muriel de la Torre, gérante du Moulin de la Dentelle, insiste sur l'importance de gérer l’eau de manière raisonnée. En effet, son exploitation oléicole de douze hectares, dont cinq consacrés à l'agriculture biologique, utilise un système d'irrigation par aspersion qui simule la pluie : "Nous devons arroser avec discernement, car l'eau est devenue une ressource rare. Nous devons apprendre à l'utiliser efficacement entre agriculteurs."
"Comprendre les besoins de la plante et faire l’apport au plus juste"
Céline Michelon, qui Exploite 20 hectares de vignes au mas de Bayle, partage cette préoccupation. "L’agriculture a besoin d’eau, mais de manière réfléchie, en fonction des besoins des plantes. Je développe des outils pour optimiser ce processus", dit-elle. Grâce à un réseau de suivi des parcelles piloté par la Chambre d’agriculture, les agriculteurs reçoivent des bulletins indiquant quand irriguer, favorisant ainsi une gestion réfléchie.
Aux 3 Mazets, main dans la main avec la biologie
Luc Fonta, exploitant du domaine Les 3 Mazets depuis 2016, adopte des techniques de viticulture naturelle s’appuyant sur l'agroécologie. Il décrit son approche : "Je privilégie une gestion de l'eau in situ, en cultivant la ressource grâce à la biologie végétale et aux interactions naturelles dans le sol."
Bien que cette méthode puisse sembler extrême, Luc est convaincu de la nécessité d’innover face aux défis climatiques. "Je crois en une approche moins consommatrice de ressources, même si elle demande du temps et des ajustements."
Une préoccupation en fil rouge des élus
La problématique de l'eau a aussi été au centre des préoccupations des élus locaux. Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, rappelle : "Sans eau, il n’y a pas d’agriculture." Cependant, des obstacles réglementaires pèsent sur cette ressource. "Nous voulons partager cette ressource, mais notre capacité de stockage est bien inférieure à celle de nos voisins espagnols."
Myriam Gairaud, conseillère régionale, souligne l'urgence de la situation : "Nous avons manqué le train de l’eau, et il est temps d’agir. Sans ressources suffisantes, la diversification de nos cultures ne sera pas envisageable."
Christophe Morgo, maire de Villeveyrac, plaide pour des solutions durables. Il propose la création de retenues d'eau, permettant ainsi d'irriguer des zones agricoles importantes. "Nous devons étudier toutes les possibilités, en évitant de recourir à des méthodes destructrices."
Cette réflexion sur la gestion de l'eau ne fait que débuter. Les viticulteurs, comme Luc Fonta, voient dans la symbiose avec la biologie une lueur d'espoir. "Nous avons peut-être atteint les limites de la chimie. Il est temps d’embrasser d’autres voies pour préserver nos ressources."







