Lors d'une discussion sur une plante couvre-sol, la griffe de sorcière (Carpobrotus edulis), une internaute a signalé son caractère invasif dans le bassin méditerranéen. Alors que de nombreuses plantes peuvent devenir envahissantes, il est crucial pour les jardiniers de comprendre les enjeux associés.
qu'est-ce qui rend une plante envahissante ?
Les facteurs tels que le changement climatique (réchauffement, inondations), la pollution et l'urbanisation bouleversent les écosystèmes. Ces conditions pourront favoriser certaines plantes robustes au détriment des plus vulnérables. Cela offre aussi des opportunités aux espèces exogènes pour s'implanter et se développer. Essayer d'éradiquer ce phénomène naturel est vain, car les mécanismes d'évolution sont inévitables. Cependant, dans un jardin, le contrôle est possible.
Les jardins potagers sont souvent le point de départ de l'introduction de plantes non indigènes. Grâce aux oiseaux et à d'autres animaux, les graines peuvent sortir du jardin pour s'implanter à l'extérieur. Ce phénomène concerne principalement les plantes qui peuvent trouver des conditions similaires à celles nécessaires à leur croissance.
Les déplacements d’espèces végétales sont un phénomène ancien, mais se sont intensifiés avec les explorations des XVIe et XIXe siècles. Au cours du XXe siècle, des botanistes ont introduit de nouvelles espèces, une situation qui alarme de plus en plus depuis 2000. La Commission européenne a d’ailleurs publié une liste de trente-sept espèces exotiques envahissantes, dont quatorze végétales, pour lesquelles les États membres doivent prendre des mesures.
comment maîtriser les espèces invasives dans votre jardin
Un jardin bien entretenu représente un espace où l'intervention humaine peut efficacement éliminer les espèces invasives. Un sol riche en nutriments, tout en favorisant certaines espèces, peut également exacerber le problème des plantes envahissantes. Au contraire, un sol moins fertile tend à héberger une plus grande diversité de végétation.
Par exemple, la griffe de sorcière d'Afrique du Sud, arrivée en Europe en 1860, a prospéré dans les régions au climat doux. Son attrait vient de sa résistance à la sécheresse et aux embruns, mais les animaux peuvent également étendre sa propagation. Il est donc préférable de retirer cette plante et de la remplacer par des espèces locales comme les œillets marins (Armeria maritima).
Pour ceux qui veulent approfondir cette thématique, je recommande l'ouvrage de Gilles Clément et Brigitte Lapouge-Déjean, intitulé "Plantes envahissantes, pionnières ou simplement expansives". Les auteurs y analysent l'impact de l'homme sur la biodiversité et offrent des solutions écologiques contre 44 espèces invasives courantes, telles que l'ambroisie, le bambou et l'herbe de la pampa.







