une révision qui affecte votre portefeuille
Chaque année, la Haute Autorité de Santé (HAS) et le ministère de la Santé réalisent une mise à jour des produits et actes remboursables par la Sécurité sociale. Cette initiative vise à optimiser les dépenses de santé publique en concentrant les remboursements sur des traitements réellement efficaces ou innovants.
La prochaine vague de déremboursements, prévue pour juillet 2025, s'inscrit dans un cadre budgétaire difficile. La Sécurité sociale s’efforce de réduire ses déficits, entraînant la suppression du remboursement pour divers produits médicaux, y compris des traitements courants utilisés par de nombreux seniors.
produits et soins affectés
À partir du 1er juillet 2025, certains médicaments et actes médicaux dont l'utilité est jugée insuffisante ne seront plus remboursés. Voici un aperçu des principales suppressions à anticiper :
- Topalgic (tramadol + paracétamol) : douleurs chroniques, risques de dépendance, alternatives disponibles.
- Actiskenan (morphine à libération rapide) : douleurs aigües, problème de mésusage.
- Homéopathie (dernières prescriptions remboursées) : affections mineures, efficacité non prouvée.
- Traitements de confort contre l’arthrose : douleurs articulaires, bénéfice jugé trop limité.
- Consultations ostéopathiques en secteur 1 : troubles musculosquelettiques, non conventionnées.
- Examens biologiques de routine : bilans non urgents, fréquence excessive de prescription.
De plus, d'autres médicaments liés à la digestion, aux vertiges ou aux troubles du sommeil seront également concernés, en particulier ceux catégorisés comme de confort ou d' efficacité modeste.
impact sur les patients
Ces suppressions de remboursements auront des répercussions notables sur les patients, surtout pour ceux dont la couverture repose uniquement sur l’Assurance maladie.
Par exemple :
- Un traitement anti-arthrose non remboursé peut coûter 20 à 35 euros de plus par mois.
- Un bilan biologique auparavant remboursé à 60 % pourrait désormais être entièrement à la charge du patient, sauf avec une mutuelle.
Les personnes âgées, qui ont souvent plusieurs pathologies, seront particulièrement affectées. Nombre d'entre elles n'ont pas les moyens de souscrire à une mutuelle.
justifications des déremboursements
Le ministère de la Santé évoque trois critères majeurs pour expliquer ces déremboursements :
- Manque de preuves scientifiques de l’efficacité par rapport à un placebo ou d'autres traitements.
- Usage marginal ou contesté, notamment pour certains médicaments anciens.
- Volonté de rediriger les financements vers des traitements innovants ou la prévention.
Des exemples comme l'homéopathie, dont le remboursement est progressivement éliminé, illustrent cette approche. L'objectif est une réallocation des ressources vers ce qui présente réellement une efficacité prouvée.
que faire si vous êtes concerné
Si vous utilisez des traitements touchés par ces suppressions, il est recommandé de :
- Consulter votre médecin pour explorer des alternatives souvent mieux remboursées.
- Vérifier les garanties de votre complémentaire santé, certaines mutuelles couvrent partiellement ou totalement les produits non remboursés.
- Regrouper vos prescriptions et choisir des consultations chez des professionnels conventionnés.
- Éviter l’automédication coûteuse pour des symptômes chroniques : un suivi médical reste préférable.
Cette nouvelle vague de déremboursements soulève des inquiétudes : allons-nous vers une médecine à deux vitesses où seuls ceux ayant les moyens auront accès à certains soins ? Le ministère rassure, affirmant que les traitements essentiels resteront pris en charge, mais cette distinction peut sembler floue pour de nombreux patients.







