La réforme des retraites pourrait entraîner des modifications significatives des droits familiaux, touchant en moyenne 15% des pensions des mères. Cela suscite des inquiétudes quant aux conséquences pour de nombreuses femmes qui comptent sur ces droits pour leur retraite.
Trimestres pour enfant : un soutien crucial
Actuellement, les mères salariées du secteur privé bénéficient d'une majoration de durée d’assurance pour chaque enfant : 8 trimestres au total, répartis entre 4 pour la maternité et 4 pour l’éducation, qui peuvent être partagés avec le père. Ces trimestres jouent un rôle clé pour l'obtention d’une pension complète, permettant notamment à de nombreuses femmes de partir à la retraite dès 62 ans, même si certaines doivent attendre l'âge de 67 ans pour un taux plein.
Modifications proposées et leurs conséquences
Le rapport Delevoye, présenté en juillet 2019 dans le cadre d'une réforme vers un régime unique de retraite, suggère une majoration de 5% par enfant, à répartir entre les parents. Les mères, dans des situations où elles n’auront pas confiance, pourraient ne plus bénéficier des 8 trimestres actuels. Ces modifications, si elles sont appliquées, pourraient remettre en question le droit des femmes à une retraite équitable, en remplaçant la majoration de durée d’assurance par une attribution de points de retraite seulement en cas de congé de maternité.
Une inégalité potentiellement exacerbeé
En moyenne, l'écart des pensions entre les femmes et les hommes atteint 33% en France, selon l'OCDE. La nouvelle structure de majoration pourrait aggraver cette inégalité, les couples risquant d’opter pour la majoration au profit du père, dont le salaire est généralement plus élevé. Les économistes comme Henri Sterdyniak et Antoine Bozio soulignent le risque d'une situation encore plus défavorable aux femmes, surtout en cas de séparation, et proposent de rétablir une majoration forfaitaire attribuée uniquement aux mères.
Qui sera touché par la réforme?
Le rapport Delevoye envisage la mise en œuvre de la réforme à partir de 2025 pour les générations nées à partir de 1963, avec une probabilité d'englobement des générations les plus jeunes. Un projet de loi doit être présenté le 11 décembre par le Premier ministre pour précisions supplémentaires.







