Les droits familiaux constituent en moyenne 15 % des pensions des mères. La réforme annoncée pourrait toutefois modifier cette situation, entraînant des conséquences financières pour certaines d'entre elles.
Trimestres pour enfant : une aide précieuse
Actuellement, les mères salariées du secteur privé bénéficient d'une majoration de la durée d’assurance de 8 trimestres pour chaque enfant, dont 4 au titre de la maternité et 4 pour l’éducation, ces derniers pouvant être partagés avec le père jusqu'au quatrième anniversaire de l'enfant. Ces trimestres sont essentiels pour l'accès à une pension complète, permettant à de nombreuses femmes de prendre leur retraite à 62 ans sans avoir à attendre le taux plein à 67 ans.
Des modifications qui pourraient nuire aux femmes
Le rapport Delevoye, publié le 18 juillet 2019, propose une nouvelle majoration de la pension de 5 % par enfant, accessible aux deux parents, mais en supprimant la majoration de 10 % pour ceux ayant trois enfants ou plus. De plus, la majoration de durée d’assurance pourrait disparaître, remplaçant celle-ci par des points de retraite pour congé maternité. Ces changements potentiellement défavorables pour les femmes soulèvent des inquiétudes majeures concernant leur retraite.
L'incertitude des droits acquis
Pour les mères d’enfants nés avant 2025, la question se pose de savoir si elles seront affectées par ces réformes. Les trimestres pour enfants pourraient ne pas être considérés comme des droits garantis. Cela pourrait représenter une grande déception pour celles comptant sur ces trimestres pour le calcul de leur départ à la retraite.
La réforme, prévue pour entrer en vigueur en 2025, concerne principalement les générations nées à partir de 1963. Toutefois, des discussions récentes suggèrent une application potentiellement plus éloignée, touchant possiblement les générations nées jusqu'en 1973. Le projet de loi de réforme sera présenté par le Premier ministre le 11 décembre prochain.
Les débats soulèvent la question d'une inégalité accrue, avec un écart de 33 % entre les pensions des femmes et des hommes en France. La nouvelle majoration pourrait inciter les couples à attribuer la majoration au père, créant ainsi des déséquilibres défavorables aux femmes, surtout en cas de séparation.







