Le savon de Marseille, emblématique et réputé pour sa simplicité, se distingue comme un incontournable des produits d'entretien naturels. Bien que sa renommée soit indiscutable, sa formulation varie considérablement, incitant les consommateurs à prêter attention aux étiquettes pour éviter les mauvaises surprises. Dans cet article, plongeons dans l'histoire, la composition et les multiples usages de ce savon exceptionnel.
Origines historiques du savon de Marseille
Les racines du savon de Marseille remontent au XIVe siècle, lorsque des artisans savonniers s'établissaient à Marseille, profitant des oliveraies locales pour se procurer de l'huile d'olive, l'un des principaux ingrédients. Avec le développement du commerce maritime, les savonniers eurent accès à diverses huiles, y compris la coco et la palme. L'introduction de graisses animales pour réduire les coûts a toutefois terni la qualité du produit.
Pour remédier à cela, Louis XIV a instauré un édit en 1688, interdisant l'utilisation de ces graisses dans la fabrication, stipulant que seuls les huiles d'olive purent être employées. Malgré un essor considérable au XIXe siècle, le savon de Marseille a vu son déclin amorcé par les guerres mondiales et l'émergence des détergents synthétiques.
Aujourd'hui, face à une demande croissante pour des produits naturels et respectueux de l'environnement, le savon de Marseille connaît un nouvel engouement. Mais qu'en est-il de sa composition moderne ?
Composition du vrai savon de Marseille
Chaque année, des enquêtes soulignent la prolifération de faux savons de Marseille sur les marchés. Identifiez un authentique savon de Marseille selon les normes définies par l'Association française des industries de la détergente.
Pour qu'un savon soit véritablement considéré comme « savon de Marseille », il doit répondre aux critères suivants :
- Ingrédients : Composé uniquement de quatre ingrédients essentiels : 72 % minimum d'huile d'origine végétale, soude, eau, et sel marin.
- Fabrication : Suivre le Procédé Marseillais en cinq étapes précises pour garantir la qualité.
- Origine : Produits véritablement fabriqués dans le département des Bouches-du-Rhône (13).
Malheureusement, en 2022, une demande pour l'Indication Géographique Protégée (IGP) a été rejetée, laissant la porte ouverte aux abus.
Enfin, pour être pleinement informé, guidez-vous des mentions suivantes lors de votre achat :
- sodium olivate, sodium palmate, sodium cocoate, sodium palm kernelate pour les huiles végétales,
- aqua pour l’eau,
- sodium hydroxide pour la soude caustique,
- sodium chloride pour le sel.
Évitez les produits contenant sodium tallowate, indicatif d'un ajout d'origine animale.
Un produit polyvalent pour l'entretien et l'hygiène
Le savon de Marseille est largement reconnu pour sa capacité à entretenir efficacement divers aspects de la maison.
Utilisation pour le détachage du linge
Pour traiter les taches, humidifiez le savon et frottez-le directement sur la zone concernée. Pour les petites taches, un lavage en machine suit généralement ce traitement.
Lessive et lavage de linge
Pour un lavage à la main ou sans machine, le savon de Marseille est particulièrement efficace. Voici comment préparer une lessive naturelle :
- 1 litre d'eau bouillante,
- 40 g de savon de Marseille râpé,
- 1 cuillère à soupe de bicarbonate de soude,
- 10 gouttes d'huile essentielle (de préférence lavande).
Une fois mélangés, versez cette préparation dans un récipient adapté et utilisez-en 1 à 2 verres pour une machine de 5 kg.
Nettoyer la maison avec du savon de Marseille
Pour nettoyer, diluez le savon dans de l'eau et utilisez-le sur diverses surfaces telles que les sols, l'évier ou les sanitaires. Il est aussi efficace pour éloigner les mites dans vos placards.
Utilisation pour l'hygiène corporelle
Bien qu'il soit souvent considéré comme hypoallergénique, son utilisation sur la peau peut ne pas convenir aux personnes à la peau sensible. Il demeure excellent pour le lavage des mains.
Enfin, même si le savon de Marseille est favorable à l'écologie, il est important de garder à l'esprit l'impact énergétique de sa production, notable lors du processus de saponification.







