Le chef cuisinier d’un restaurant à Guichen, en Ille-et-Vilaine, a obtenu un titre de séjour d’un an à la mi-juin, malgré une menace d’expulsion. Cette victoire est le fruit d’une mobilisation collective impliquant ses employeurs, ses clients et même la maire de la ville, rapportée par France 3 Bretagne.
Originaire du Kurdistan turc, Cabbar Yürekli, âgé de 38 ans, travaillait depuis l’ouverture du restaurant Pointgrill, où il avait une autorisation de travail. Malgré cela, il faisait l’objet d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). Sibel Sulaq, sa patronne, se souvient du moment difficile : "Nous avons appris cela un soir de week-end, au moment où le restaurant était complet. Cabbar a insisté pour terminer le service avant de penser à lui-même." Cela montre son dévouement à son travail et à ses clients.
"Cabbar possède un savoir-faire devenu rare"
Les efforts pour soutenir Cabbar ont pris la forme d'une pétition en ligne qui a recueilli plus de 3 000 signatures. Les soutiens ont dénoncé la menace d’expulsion à travers plusieurs rassemblements. "Trouver un cuisinier qualifié est déjà un défi, mais chercher un cuisinier-boucher avec des compétences rares comme la découpe de viandes et la cuisson au feu de bois est encore plus difficile. Cabbar a ce savoir-faire", soutient un client sur Change.org. Arrivé en France en 2021, Cabbar suit des cours de français, a un logement stable et n’a aucun antécédent judiciaire, ce qui plaide en sa faveur auprès de ses employeurs.
À la mi-juin, l’annonce de sa régularisation a été accueillie avec un immense soulagement par la communauté. Benoît Sulaq, co-propriétaire du Pointgrill, a confié : "Nous avons eu du mal à y croire, nous avons attendu d’avoir les papiers en main." Cette histoire illustre comment la solidarité communautaire peut surmonter des obstacles administratifs et humains. Elle soulève également des questions sur la réglementation de l'immigration en France, désirant à la fois protéger les droits des travailleurs et répondre aux besoins du marché, comme l’a souligné le magazine Le Monde.







