À l'heure où la canicule sévit sur le territoire français, deux lycées de Rezé, près de Nantes, prennent une mesure exceptionnelle en imposant l'enseignement à distance pour les après-midis de cette fin de semaine. Cette initiative, bien que saluée par certains, suscite de vives inquiétudes parmi les enseignants et les parents d'élèves.
La décision de renvoyer les élèves chez eux après une matinée en classe s'explique par la volonté de garantir leur sécurité face aux températures insupportables. En effet, dans certaines salles, le mercure atteint facilement les 30°C dès le matin, rendant l'apprentissage difficile et inconfortable. Jeoffrey-Gaylord Remaud, co-secrétaire du Snes-FSU dans l'académie de Nantes, a expliqué : "Difficile d’enseigner quand les salles ressemblent à des étuves, surtout avec des classes entières qui ne peuvent pas être correctement ventilées."
Distanciel : une solution temporaire, pas généralisable
Cependant, l'idée de généraliser ce modèle à l'ensemble des collèges et lycées ne fait pas l'unanimité. Selon Remaud, le distanciel n'est pas une solution viable. "Cela demande une autonomie que beaucoup de collégiens ne possèdent pas". Jean Lili, représentant de la FCPE du Nord, renchérit en ajoutant que laisser des élèves seuls chez eux pourrait conduire à des situations chaotiques, avec un accès limité à Internet pour certains.
Les préoccupations s'étendent sur les inégalités numériques, exacerbé par le fait que tous les élèves ne disposent pas de matériel adéquat pour suivre les cours à distance. "Dans les Pays de la Loire, certains bénéficient d'un ordinateur portable fourni par le lycée, mais ce n’est pas le cas partout. Travailler sur un smartphone n’est pas productif", critique Jeoffrey-Gaylord Remaud.
Des logements souvent tout aussi chauds
Un autre aspect à considérer est que beaucoup d'élèves pourraient se retrouver dans des logements tout aussi chauds, voire plus qu’en classe. L'efficacité de cette solution est donc remise en question par plusieurs acteurs du milieu éducatif. Jean Lili souligne que "si certains peuvent bénéficier d'un cadre plus confortable à la maison, d'autres n'ont pas cette chance, ce qui entraînera de nouvelles disparités".
Les experts s'accordent à dire qu'une amélioration du confort thermique dans les établissements scolaires est cruciale. Remaud et Lili s'accordent à affirmer que la vétusté des infrastructures est un problème persistant qui nécessite une attention urgente. "Nous avons trop chaud l’été et trop froid l’hiver. Il est temps d'agir", insistent-ils. Au final, alors que la canicule bouscule le calendrier scolaire, la réflexion sur des solutions à long terme est plus que jamais d'actualité.







