Ce samedi, une centaine de motards a pris part à la journée "Reprise de guidon" organisée à Saint-Grégoire, près de Rennes, marquant le retour à la conduite à la saison printanière. Parmi les voix qui résonnent dans le domaine du doublage, celle de Françoise Cadol se distingue. Elle est la voix française d'Angelina Jolie, mais aussi de nombreuses autres célébrités telles que Sandra Bullock et Lara Croft. Récemment installée à Paimpont, cette comédienne, qui réalise également des podcasts et des livres audio, se retrouve à un carrefour où son art est menacé par l'essor de l'intelligence artificielle.
Une voix exploitée sans consentement
En février dernier, Françoise Cadol reçoit une alerte concernant l'utilisation de sa voix sur deux plateformes américaines spécialisées dans la vente de voix synthétiques. "Je me suis entendue, en effet. Le concept était simple : un utilisateur paie pour faire lire un texte par ma voix sans que je sois informée de cette utilisation," explique-t-elle, visiblement préoccupée par cette situation.
Avec l’aide de l’Adami (Administration des droits des artistes et musiciens interprètes) et du cabinet Hiro, elle engage alors une action juridique. Grâce à cette mobilisation, sa voix ainsi que celles de ses confrères sont finalement retirées des plateformes incriminées, remettant au cœur du débat le droit des artistes à contrôler l’utilisation de leur voix.
Des dérives à encadrer
Les réseaux sociaux deviennent un terrain d'expérimentation où les voix des artistes sont récupérées sans consentement, pour des projets détournés. "Il y a ceux qui prennent nos voix pour les faire dire ce qu'ils veulent, et cela pose un réel problème éthique," déplore Cadol. Les associations comme Les Voix et United Voices appellent à un encadrement de l'IA, tandis qu'un projet de loi pour protéger les contenus culturels est en cours d’examen au Parlement français.
Les enjeux sont fondamentaux : "L'IA, c'est formidable, mais ses dérives doivent être limitées. La voix et l'image d'un artiste lui appartiennent," insiste Françoise Cadol. Les voix humaines, tout comme les œuvres, servent à transmettre une part de notre humanité.
L'irremplaçable touche humaine
Impossible d'imaginer remplacer la voix unique de Françoise Cadol, qui a dédié sept ans à l'école de théâtre et au doublage. "Prêter sa voix, c'est un acte d'empathie. Chaque intonation, chaque nuance, c'est mon expérience et ma sensibilité que je partage," déclare-t-elle, soulignant l'importance de la performance vocale humaine.
Alors qu'elle se prépare pour un nouveau projet théâtral pour le festival d'Avignon 2026 intitulé La Plaidoirie des forêts, Françoise Cadol continue d'œuvrer pour la reconnaissance de l'art dans un monde où l'IA prend de plus en plus de place.







