Le 27 mars, plusieurs parlementaires de Guadeloupe, Martinique et Guyane ont exprimé leur colère face à l'abstention de la France lors du vote d'une résolution à l'ONU, reconnaissant que l'esclavage et la traite transatlantique sont « le plus grave crime contre l'humanité ». Cette résolution, bien que largement adoptée avec 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions, ne crée pas d'obligation juridique contraignante.
Béatrice Bellay, députée de Martinique (Parti socialiste), a qualifié cette position d'« incompréhensible » et en désaccord avec « l'histoire législative » de la France, rappelant que la loi Taubira de 2001 avait marqué un tournant dans la reconnaissance de cette tragédie.
Christian Baptiste, député apparenté socialiste de Guadeloupe, a souligné que, bien que le texte ne soit pas contraignant, il représente « un acte politique et mémoriel majeur ». Il a déploré la position française, qu'il a qualifiée de « recul ».
Marcellin Nadeau, un autre député martiniquais, a condamné cet acte, estimant qu'il a « affaibli la crédibilité de la France auprès des peuples d'outre-mer » et représente un « nouveau refus de reconnaissance » envers eux.
Victorin Lurel, sénateur guadeloupéen, a écrit à Emmanuel Macron, qualifiant l'abstention de « faute morale, historique, diplomatique et politique », soulignant qu'elle nuit à l'image de la France et perturbe les efforts de réconciliation mémorielle.
une résolution soutenue par l'union africaine et présentée par le ghana
Le Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale de Guyane, représenté par le député Jean-Victor Castor, a également dénoncé cette abstention, arguant que « l'esclavage n'est pas seulement un crime du passé » car « ses conséquences structurent encore les inégalités actuelles ». Le parti a demandé à l'ONU de « réintégrer la Guyane sur la liste des territoires non autonomes ».
La résolution adoptée récemment condamne « la traite des Africains réduits en esclavage et l'esclavage racialisé des Africains » comme « les plus graves crimes contre l'humanité ». Malgré cela, des critiques, dont Sylvain Fournel, membre de la représentation française à l'ONU, craignent que le texte ne « mette les crimes en compétition », ce qui pourrait nuire à la mémoire des victimes.







